Depuis l’aube des temps, l’arbre est présent dans toutes les cultures. Gardien silencieux des secrets de la terre, il relie les mondes souterrains, terrestres et célestes. Ses racines touchent au royaume des morts, et ses hauteurs montrent la lumière, tandis que les forêts tapissent les fonds féériques de nos enfances. L’hiver, l’arbre fin tend ses bras brisés vers les marches de l’infini…

L’arbre est notre double innombrable et intime, et s’il vit plus longtemps que les humains, nous partageons le même cycle de vie. Faire le portrait d’un arbre est aussi faire le portrait d’un homme. La complexité plurielle de l’arbre fait écho à celle de l’homme. Fraternité partagée, avec une forme de fascination envers l’arbre, plus solide et plus durable.

L’arbre est un pur archétype d’humanité. Métamorphique et fabuleux, il irrigue les sources vives de notre imaginaire collectif. Si l’arbre symbolise l’élan, la verticalité et la puissance, voire le masculin érectile, la forêt est du côté de l’ombre. Elle incarne en nature le féminin archaïque et universel. Primaires et vierges, les forêts véritables sont la peau vivante de la terre. Elles attendent les artistes pour exister au cœur des demeures humaines et enchanter leur quotidien. Les artistes, aux paroles arborées, sont alors leurs servants, dans une sacralité latente et dans un relent sensible de panthéisme diffus.

Yuri Levy, responsable de la galerie a réuni 7 créateurs inspirés par le thème de l’arbre, dans une superbe exposition sensible et plurielle. Anne-Andrée Carron, Thomas Chapuis, Jérôme Délépine, Alexandra De Grave, Anne Delfieu, Michèle Iznardo et Jean-Michel Marchetti proposent une grandiose ouverture créatrice où chaque artiste exprime sa singularité arborée. Peintures, sculptures et dessins, de la plus riche figuration à la plus subtile esquisse d’abstraction…
Jusqu’au 26 septembre 2026
Galerie Papiers d’art – Paris 3ème
En Une : Alexandra De Grave – Souffle 2 – 2026 – Technique mixte sur papier – 68×50 cm – ©Alexandra De Grave