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On en parle

Quand l’art et la non-violence se prennent par la main sous le soleil

Nicolas Delamotte Legrand, le 4 août 2026

#3 – Rencontre avec Claude

C’est l’été et si d’aventure vous passez des journées tranquilles sur une plage, il vous arrivera peut-être d’empiler des galets et des coquillages trouvés sur le sable. Passe-temps « Doodle » favori des après-midi de bord de mer, vous inventerez inlassablement des personnages ou des formes sur les dunes, juste pour le plaisir. Bienvenus au monde merveilleux du Land Art. 

Quand on pense au Land Art on peut penser à la sculpture environnementale et monumentale « Spiral Jetty » du sculpteur américain Robert Smithson. On peut aussi s’imaginer un portait réalisé en feuilles mortes et en brindilles par un enfant. Pour ma part, en vacances sur la côte vermeille, c’est une installation de Claude qui a attiré mon regard. Cet homme de 70 ans environ n’a fait aucune étude d’art. Il ne visite ni les musées ni les galeries car Il aime le grand air. Pour lui également l’art doit rester à l’extérieur, visible aux yeux de tous. Ancien manager vivant sur la côte, Claude est un « land-artiste » qui s’ignore. Depuis tout petit Il fabrique, il empile et compose. Il aime ramasser sur la plage les éléments dragués par la rivière Le Tech qui s’amoncellent sur le sable. Il pioche parmi les galets et les bois flottés polis par le ressac des vagues. Il relie des bouts de tout pour en faire des sculptures dynamiques. Il affectionne particulièrement cette nature façonnée et réinventée, les matières lustrées, leurs formes improbables et leurs couleurs surannées. Pour créer Il se laisse porter par le flot de son inspiration et par la beauté des courbes naturelles qu’il sélectionne. Sa démarche est instinctive, naïve. Elle en est d’autant plus belle et authentique. 

©Photo Nicolas Delamotte Legrand

Ce qui le passionne ? Les animaux et la nature. Les bouts de bois lui font penser parfois à des bêtes ou des plantes. Ses installations émergent comme des refuges qui les protègent. Parfois des dinosaures, parfois des visages rieurs, parfois des formes chimériques, souvent des « immobiles ». 

Ce qu’il recherche ? Défier les forces de la gravitation en façonnant des œuvres en équilibre. Ses sculptures faites d’empilements de galets, de bouts de briques polies par la mer, de roseaux et de troncs se dressent avec grâce au milieu des amas de bois. Il essaie chaque fois de nouvelles combinaisons, risque avec audace le déséquilibre et l’écroulement. Ses œuvres ne tiennent parfois qu’à une brindille.  

©Photo Nicolas Delamotte Legrand

Ce qui lui importe ? Bâtir des œuvres respectueuses de l’environnement. Elles sont créées humblement à quatre mains : les siennes, la main de l’eau et la main du vent. Elles sont le résultat harmonieux de la force du vivant et de son inventivité.

Ce qui l’intéresse ? Communiquer et interpeller. Au-travers de ses inventions, il espère amuser les vacanciers et les sensibiliser à la beauté et la fragilité de la nature. Une boîte aux lettres invite quiconque le souhaite à lui laisser des messages. L’art est pour lui l’un des plus beaux vecteurs de communication. Sans s’imposer, l’Art sculptural est l’art suprême de la communication qui relie, provoque, rassemble, suggère. 

©Photo Nicolas Delamotte Legrand

Ce qui le fait grandir ? Le fait que cet art éphémère lui enseigne le détachement et l’acceptation du temps qui passe. Il garde des traces de ses œuvres en les photographiant mais ses créations retourneront à la mer. Rien ne résiste à la force de la nature et du temps mais rien n’est plus beau que cette création qui voyage. 

Si vous vous trouvez cet été sur la côte vermeille, peut-être découvrirez-vous par hasard les sculptures enjouées de Claude. Sinon, je vous recommande de visiter la très belle petite ville de Céret. De nombreuses galeries et ateliers d’artistes (illustration, peinture, gravure, céramique) sont à découvrir comme la galerie Ombre et lumière de l’artiste Annie Pous. Et au Musée d’Art Modern, l’exposition « PICABIA, MÉDITERRANÉE » – Picasso, Delaunay, Laurencin… (jusqu’au 29 novembre 2026.)

En Une : Les mains de Claude – ©Photo Nicolas Delamotte Legrand

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