« Un sentiment océanique »
Des flux de matière vivante emportent l’art aigu de Pat de Wilde. Des respirations d’univers, dedans-dehors fusionné, oxygènent ses créations au vif d’une infinie délicatesse. Le tréfonds agissant de l’univers marin est son territoire de prédilection. « La mer est un animal sauvage » dit l’artiste, et son approche, geste et hasard mêlés, apprivoise du dedans la puissance archaïque et première de l’eau, son élément d’art et d’âme.
Chez lui, l’universel et l’individuel s’étreignent au profond, et sa subtile matière apparente, au relief infime, est un miroir d’extrême intimité. Les signes et les contresignes, chez lui, sont créés par le dedans, toujours…
Apparemment abstraite, la création de Pat de Wilde (elle ne l’est pas complètement, tant sa matière est palpable, sensible et sensuelle) est celle d’une expérimentation à la fois visuelle et charnelle. Son art est spontané, jamais intellectualisé. Après ses voyages dans le monde entier, il « s’aventure » maintenant en pure peinture. Il invente, au-delà des apparences, une peau d’univers animé, une fascinante trame d’immensité toute traversée d’énergies et de vibrations. L’imaginaire de l’eau plurielle qui traverse le monde, les corps et les secrets de la matière vivante, obsède à jamais Pat de Wilde.
De chromatiques splendeurs, très subtilement retenues, voire étouffées, implosent lentement dans un espace ultime, chargé et vibratile. Chez lui, aucun point n’est privilégié : « l’artiste explore les flux, les mouvements invisibles qui traversent le monde : vibrations, courants, reflets, souffles, lignes d’horizon et surgissements de lumière », écrit Teddy Tibi. Des pans de nature première, en puzzle d’immensité archaïque et dépouillée, maintiennent intactes les tensions qui font la vie, et reconstruisent indéfiniment l’univers.
L’artiste aime procéder par plans horizontaux : autant de plans, autant de couches fiévreuses et rythmées qui semblent n’avoir ni fin ni commencement, en naissance d’éléments premiers… Et le regard sans fin vagabonde. Pat de Wilde incarne à chaud la fièvre des profondeurs. Art des confins vécus, sans limite ni frontière.
Du 24 au 30 septembre 2026
Galerie Art Absolument – Paris 6ème
En Une : OPALESCENCE – 2025 – Variations d’une concordance d’instants