Central, l’être humain, et plurielle, l’étendue. Immaculée et saisissante de pureté, elle donne le vertige. Incarnant l’indifférence de la ville, elle s’apparente au labyrinthe, laissant vivre au profond une saisissante géométrie urbaine riche de maîtrise et de hasard. Dans l’art aigu de Maurice Douard, démiurge pudique et créateur d’architecture habitée, s’impose une prodigieuse hauteur de vie et de vue, entre solitude incarnée et compassion humanitaire.

Si la blancheur domine, elle ne possède rien, elle installe en chaque œuvre un seuil fragile qui outrepasse les misères du monde.
Œuvre d’extrême picturalité où la surface des choses est balayée, emportée sous la pression unique d’une profonde tension mentale, dans un paysage anonyme.

Bichromie blanche et noire enserrant l’humaine ordinaire polychromie. Cependant qu’une cascade rouge et charnelle desserre parfois l’étau, et l’oxygène du dedans peut croître en ivresse contrôlée. Art de partage, de secret et de compassion.
L’étendue chez Maurice Drouard est une impensable géométrie murale, une miraculeuse dislocation envoûtée, plongée dans la chromatique lancinante et décantée d’un désert mystique, où chacun enfin pourrait rêver d’amour et de partage.

Art agissant. Peinture étrangement chamanique, quand le corps d’absolue vitalité se déploie en solitude et se cristallise en présence charnelle. Pas de limite aux éclats des couleurs qui savent infiniment résonner finement dans l’univers sans borne du dehors-dedans.
Dans cette picturale union des extrêmes, des échos d’espace se répondent en espace, et plus rien ne fait barrage à l’énigme chaude et incarnée de l’existence.

Art de défiguration et de déflagration ? Ou bien, au contraire, art de véritable concentration ? Voire de magistrale et nouvelle structuration ?
Deux esthétiques éloignées s’affrontent et s’étreignent, d’où naît la vraie haute peinture. Celle du dénuement spatial, essentiel, âpre, et comme découpé au scalpel, et celle de la tache brûlante et surgissante d’une fulgurance arrêtée. L’univers de Maurice Douard est dur miroir d’immensité pour corps seul, vêtu de pure peinture.
Jusqu’au 10 octobre 2026
Galerie Egregore – Casteljaloux (47)
En Une : Intimité – Elle dort – 146×114 cm