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On en parle

Le monde parallèle et hors sol de « l’art contemporain »

Nicole Esterolle, le 1 juin 2026

L’art de Paul Kle, Serge Poliakoff, Antony Tapiès, est totalement étranger à celui des Nina Childress, Fabrice Hyber, Tania Mouraud, Anita Molinero, Daniel Buren, Bertrand Lavier, Kader Attia, Nina Beier (image jointe). Ils sont d’une même époque mais c’est comme s’ils appartenaient à des groupes humains différents.

L’art des premiers, c’est l’art partagé, permanent, universel, durable et patrimonial.

L’art des seconds est une anomalie historique, « vérité alternative » ou une « post-vérité », apparues très récemment, suite à une étrange rupture, anthropologie sans doute, dont il faudra analyser un jour les mécanismes. Une enflure, un gigantesque chancre mou, dont Buren lui-même a dit : L’art contemporain est une espèce de dénomination qui ne veut strictement rien dire… C’est seulement un fragment de l’art qui se fait et qui sera un jour défini entre 1999 et 2030, et dont on dira que « c’est la période de l’art contemporain » Daniel Buren (La Nouvelle République du Centre, octobre 2023).

Ce que l’on peut dire pour l’instant, c’est que cet art qualifié de contemporain par un hold-up sémantique éhonté, ne peut conserver cette qualification et plaire aux élites mondialisées, que s’il est déraciné, délocalisé, internationalisé, dépoétisé, désodorisé, désartifié , conceptualisé, bidularisé, intellectualisé, progressisé, burénisé, crétinisé, absconcisé, imbitabilisé, logorhéisé, désensibilisé, éviscéré, dévitalisé, aseptisé, anesthésié, bureaucratisé, financiarisé, subventionnisé, mondialisé, décérébré, vaposisé, idéologisé à fond, néantisé, et j’en passe… et ce n’est pas Buren qui me dira le contraire.