En ce joli samedi d’août, Aralya a choisi de délaisser les musées feutrés et les galeries traditionnelles des grandes villes pour emprunter les petites routes qui fendent les champs de Lorraine. Direction, Goviller, un charmant village du Saintois, à quelques kilomètres de Nancy. C’est ici, loin du tumulte urbain, que l’art contemporain prend véritablement la clé des champs et s’offre une liberté nouvelle. Bienvenue au TEM – Trace et Mouvement – un véritable havre de création niché au cœur d’une ancienne ferme lorraine.

Le TEM est de ces replis secrets qui exercent une irrésistible attraction sur les curieux d’art et les amateurs de poésie. Dans cet espace singulier de plus de 1000 m², le visiteur est immédiatement invité à l’apaisement et à la contemplation. Derrière cette alchimie parfaite se cache une personnalité hors du commun : Alyne Rosenkrantz, la directrice artistique du TEM.

Lorsqu’Alyne guide les visiteurs à travers les espaces ou qu’on la croise au détour d’une allée, elle reste toujours d’une discrétion absolue, légèrement en retrait pour laisser toute leur place aux artistes et à leurs œuvres. Pourtant, elle mérite largement un bel éclairage. Véritable femme-orchestre de l’association Trace et Mouvement, c’est elle qui porte les choix artistiques de chaque exposition collective depuis plus de 30 ans. Sélectionnant avec une extrême exigence les invités, connaissant parfaitement leur création et leur parcours. C’est elle aussi qui conçoit la scénographie d’une justesse rare, transformant le patrimoine rural en une expérience muséographique théâtrale et captivante.

En s’enfonçant dans la fraîcheur de l’ancienne écurie et des vastes espaces d’engrangement, on part à la découverte d’un parcours d’œuvres installées dans les moindres anfractuosités du bâtiment. La 34ème édition avec pour titre « l’art en campagne » rassemble une diversité remarquable de plasticiens. Pas moins de 27 artistes parmi lesquels Luc Babin, Anne Bothuon, Andrée Cazin, Sylvie Coupé-Thouron, Luc Doerflinger, Ursula Krimm, ou encore ArtoUche Mkrtchian, Jac Vitali, Angelina Richard, Rebecca Campeau… pour n’en citer que quelques uns. Un très bel hommage est également rendu au photographe Jean-Paul Henry.

Peintures, installations, gravures et vidéos dialoguent magistralement avec la pierre brute et le bois séculaire. On ressent immédiatement le travail minutieux et l’extrême sensibilité d’Alyne dans la mise en espace. Rien n’est laissé au hasard ; chaque œuvre est positionnée exactement au bon endroit, captant la lumière idéale, créant des résonances inattendues avec l’architecture du lieu.

Dans cette ancienne écurie aux recoins secrets, un seul mot d’ordre : l’art de musarder. Ouvrir grand les yeux et s’imprégner de la présence de chaque création. Et terminer la visite dans le joli jardin caché au fond de l’espace, façonné des mains d’Alyne. Il se révèle être un espace de vie et de rencontre d’une incroyable hospitalité. Sous les arbres fruitiers, au milieu des fleurs et des herbes folles, les sculptures contemporaines semblent avoir poussé là tout naturellement. Il n’est pas rare d’y croiser des visiteurs installés pour un pique-nique improvisé, prolongeant ainsi le plaisir d’un moment d’immersion totale, suspendu entre nature et création.
Une échappée champêtre et artistique indispensable, pour quiconque souhaite ressentir l’art battre au rythme de la nature.
Jusqu’au 4 octobre 2026
TEM – Trace et Mouvement – Goviller (54)
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