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On en parle

Karin

Christian Noorbergen, le 18 août 2025

Karin Neumann, dite Karin, est l’artiste phare du Chatillonnais bourguignon. Elle habite Nesle, petit village où elle expose régulièrement chez elle, quasiment chaque année. Un très étonnant Cabinet de Curiosités, nommé Les Z’Uns Possible, étonnant musée et lieu de vie créé en 2016 par Fabien Ansault, lui-même artiste, rend hommage à ses qualités jusqu’à la fin du mois. Le lieu est un Café Associatif à découvrir, ouvert tous les jours l’été.

Karin – Copieux repas – 100×80 cm

Karin dit les corps sacrifiés au rituel ordinaire de la normalité. L’en-deçà du corps, et parfois l’au-delà, son gouffre inhabitable, est le territoire de vie d’une artiste authentique qui lie au profond humanité, beauté et cruauté. Un sens larvaire, rampant et inassouvi, préservé de toute banalité, donne une apparence visible, tangible, efficiente, aux usages vécus de l’existence. « J’essaie de m’exprimer sur la toile comme écrivain, comme poète, comme peintre. » 

Karin – Plateau aux huîtres – 55×46 cm

Chez elle, tous les possibles du corporel, qu’il soit animal ou humain, relient tous les états de l’univers. Ils sont chaotiquement présents, virtuels, poignants, décisifs, illimités et vitaux, quand l’art apprivoise les forces profondes de la vie. Et ce même si l’artiste précise qu’« il ne faut bien sûr pas tout prendre au premier degré. J’invite avant tout le spectateur à penser par lui-même ».

Karin – Nous donnons le meilleur

Karin, habitée et généreuse, s’impose toujours une grande prise de risques, riche de tension graphique, chromatique et mentale. Elle ose déranger par la tension préservée de ce qu’elle sait mettre en combat : l’insoutenable, contre quoi lutte toute culture fabriquée. Sa main-signe balaie à vif les surfaces peintes. Ses grands personnages, ses grandes femmes, dans la couleur du deuil, veillent l’interminable fin de nos détresses, et l’or de nos espérances. Art pur, incandescent et généreux. « Mon travail consiste à exprimer (au poil près) mes impressions quotidiennes. Tout ce que je vois, tout ce qui me touche, les sensations lues dans les journaux, les souffrances racontées près du fourneau. Les gens que j’aime – et ceux que je n’aime pas – leurs gestes, leurs joies et leurs chagrins. La beauté de la nature qui panse les plaies infligées par les humains ». 

Karin – Jeu avec citron – 55×46 cm

Chez Karin, l’évidence immédiate et dure de l’œuvre, par corrosifs effets d’art, n’existe que pour permettre l’écoulement salutaire d’une crise de conscience clairement assumée. Œuvre expressionniste à deux vitesses : impact de l’instant, sous le déferlement instinctif, et alluvions émotionnelles, dans la durée qui marque, et qui laisse des traces…

En Une : Karin – Trouble dans la cuisine – 13×98 cm

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