« Paysages inextérieurs et Ébats-reliefs »
A Lyon, dans la belle galerie Oriès de Jacques Convert, les somptueux paysages envoûtés du dedans de Jean-Philippe Domecq font échos vibrants aux très charnelles sculptures de Valérie Rossignol. Chargées jusqu’à l’os, les denses peintures habitées du premier absorbent tous les dehors du monde et s’irradient de tous ses dedans.
Ses couleurs de lave intérieure, toutes retournées sur elles-mêmes, oxygènent à vif l’étendue. Saisies à la gorge, elles surgissent en implacables paysages de destin. Libérée, la fièvre des profondeurs secoue à vif et à vie chaque création de Jean-Philippe Domecq, maître en tellurisme artistique, tandis qu’un vent de tempête mentale emporte les regards au-delà du dicible.
Tout fait sens, comme si l’élément unifiant, dans le dur brassage des éléments épars, était un courant mental de haut voltage déposé violemment sur la toile. Chargée d’un voir convulsif, la peinture devient la peau d’un corps immense projeté du dedans sur tous les paysages du monde. Art d’énergie et de renaissance.
Dans l’harmonie respectueuse, dans la tension intime et dans la plus sensible sacralité, Valérie Rossignol sculpte l’éternelle union des corps. L’infini du désir infiniment vécu est son territoire de création, sans fard, sans retenue et sans pathos. Et sa sobre parole de préciser, pour ses intimes ébats-reliefs : « la vibration a lieu, au-delà ou en-deçà des mots. Nous sommes dans un espace que ni l’art ni la littérature n’a exploré. »
Œuvrant loin des poncifs établis de l’Éros, l’artiste impose une forme d’absolue sérénité dans l’étreinte intemporelle de ses couples en désir, qui vivent toujours une impressionnante et délicate plénitude. Comme si la quintessence fusionnelle, en deçà des sommaires distinctions du féminin et du masculin, ici abolies, imposait un alphabet dynamique, originel, pur et agissant. Corps d’univers devenu une seule et même entité. Celle de la vie enfin partagée.
A Lyon, grand duo d’art.
Du 8 janvier au 7 février 2026
Galerie Ories – Lyon 2ème
En Une : Jean-Philippe Domecq – Bord de monde n°12 – 2023