« Haute création tellurique »
L’humain exacerbé, ténébreux, effaré d’exister et envoûté du dedans est le territoire de création de Jean-Paul Souvraz. Chaque entité humaine se pare chez lui d’un masque habité du dedans, chargé, surgissant, drolatique et ténébreux.
Ses peintures de guerre intime disent les élans saccagés des racines de la vie. Elles saignent dans la nuit. Jean-Paul Souvraz, chair en crue, courroux au cœur, se moque à vif de la modernité fatiguée, et ses dures apparitions crucifient… L’outrance festive est la couleur vécue, sourde et érectile de son antre, là-haut, dans le nord du pays. Dans la fièvre percutante des profondeurs libérées. « Les personnages de Souvraz ont l’étonnement des êtres surpris d’un réveil qu’ils rêvent, plongés dans l’abîme des songes et des lourdes pensées. » écrit très justement son galeriste et ami, Pierre Gentès.
Œuvre-cible, emplie de secrets psychiques, de sécrétions vitales, et créée à grands traits de cultures fracassées. Sous l’heureuse férocité, l’incantation fait rage, et les abîmes de la chair frappent de plein fouet la gueule des visages.
Chez lui, l’existence avide exulte de sauvage santé, l’artiste affole sans fin les surfaces, et, jamais repu des grandes nourritures du présent, il desserre l’étau des conventions, étrangle à chaud les certitudes, et bouscule les tristes interdits qui barrent l’accès au réel oublié, archaïque et beau, de l’humaine animalité.
Sa peinture est peinture de combat, éruptive, transgressive, chaotique et piégée, et beau lieu d’empoignades. Les silhouettes totémiques de son bestiaire fabuleux incarnent l’énigme brutale et brûlante du corps mortel. Il a des rêves de bestialité sacrée, dans le viol joyeux des codes fabriqués.
Jean-Paul Souvraz, délivre l’homme de ses fades particularités. Formidable santé d’une pure et haute création tellurique.
Jusqu’au 28 mars 2026
Galerie 75 – Rouen (76)
En Une : Petit écolier – 38×46 cm