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RUTA JUSIONYTE

RUTA JUSIONYTE

Du 5 mars 2015 au 25 mars 2015

À retrouver à GALERIE CLAUDINE LEGRAND
49 rue de Seine
75006 Paris
France

www.galerie-claudine-legrand.fr
+33 (0)1 43 25 96 60

Mis à jour par John Doe
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RUTA JUSIONYTE

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GALERIE CLAUDINE LEGRAND

Du 5 au 25 mars 2015

PARIS 6ème

 

 

RUTA JUSIONYTE – LA BELLE ET LA BETE

«… Ses êtres sont des trous humains. A travers eux, on voit, car il y a des corps autour des trous, par où passe l’infini. Il n’y a plus d’horizon, on leur a enlevé le ciel. L’extérieur n’existe plus : l’extrême intimité, et la plus lointaine qui soit, les a durement sculptés. Peut-être ont-ils la couleur de la boue, et le regard brûlé. Les êtres rugueux de Ruta, autrefois, ont été brisés de l’intérieur. Et ça continue. La boue brûle encore. Ce sont des êtres densifiés de peine et de lacunes. On ne peut plus leur prendre quelque chose, car ils n’ont plus rien. Ils ont tout perdu, sauf notre humanité. Ils ne sont pas invincibles, un souffle les bouleverse, un reproche les épouvante, et cependant, ils sont invaincus. Ils ont traversé la destruction de tous les dehors, ils sont indestructibles.  Ils sont nos frères d’abîme, ils tiendront jusqu’à la fin des temps. Leurs organes ne font plus qu’un. Tout s’est durci, tout s’est concentré. Leur densité est terrible. On s’y briserait le coeur. Seuls les yeux sont plus grands, et aussi leur fragilité… Peut-être hésitent-ils entre la jeunesse interdite et la vieillesse oubliée ? La vie les hante, et la mort les touche. Ils sont toujours à portée de la tendresse…

…Chaque œuvre de Ruta est une île de vie, une obsession sublime. Une résistance ultime, résistante à tout, et formidable de fragilité, a pris corps…  Ruta crée dans l’irrécupérable. Chez elle, il fait grande nuit. Il y a toujours la nuit. Innombrable, interminable. L’univers est sans fond, le jour a fui loin de la peau, et même les yeux sont de nuit… Elle affronte la part d’ombre que l’ordre du jour n’ose affronter, elle dit les trouées de l’être, les corps sacrifiés de nos ombres, et leurs mortelles beautés. Elle sait travailler la terre, sa terre en elle travaille, et ses repères, et l’ancestrale culture des côtes baltes. Mais la perte des origines a rendu l’air irrespirable. Ces êtres indicibles, poignants et soignants ont la sourde nostalgie des sources vives, des mythes intimes et des légendes secrètes…

Ruta ne s’arrête pas à la souffrance. L’ange a oublié la bête, et le désastre est en fuite. Du spirituel dans l’art…  Sculpture à risques, celle de Ruta, car il n’y pas l’ombre d’un divertissement…

…Ces êtres au regard posthume sont nos durs miroirs. Quand tout se tait, infimes, les crocs plantés à l’intérieur, ils parlent sans mot de l’éternelle énigme de l’existence. Ils portent la contemplation jusqu’au bord aigu et tranché d’un horizon toujours noir. Ruta Jusionyte sculpte à vif l’humanité.»

Extraits d’un texte de Christian Noorbergen

 

 

 

Oeuvres

RUTA JUSIONYTE

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