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Guy CALAMUSA

Guy CALAMUSA

Du 3 juillet 2014 au 2 août 2014

À retrouver à MAISON D'ART CHANTAL MELANSON
Presbytère Saint Jacques - Place Saint Jacques
13150 Tarascon
France

www.maison-art-chantal-melanson.com
+33 (0)6 70 00 29 99

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Guy CALAMUSA

MAISON D'ART CHANTAL MELANSON Arrow Right

GALERIE CHANTAL MELANSON

Du 3 juillet au 2 août 2014

ANNECY (74)

 

 

Guy CALAMUSA

 

A l’orée de notre mémoire primitive

Comme un sentiment profond, discret à l’orée de notre mémoire primitive, comme le souffle d’un petit animal éphémère, «le parcours de la peine, il le prend tous les jours avec les musaraignes et les vautours».

La peinture de Calamusa ne s’impose pas d’emblée, elle nous interpelle par sa fragilité, sa vulnérabilité, et nous demande l’autorisation d’exister, de vivre tout simplement, face au tumulte intrusif d’une époque troublée, résolument livrée à la vulgarité tapageuse, et à l’imposture ambiante et bien pensante, aux couleurs criardes, biomorphiques, et abrutissantes ; période qui suspend le reste de nos consciences, données en pâture au monde de la consommation, de la distraction, du plaisir à outrance, accroché à un bonheur illusoire et utopique, bien loin de chez soi.

Ainsi, le regard est happé par cet espace de calme, de repos, par cette respiration graphique à dimension humaine, comme un oscilloscope à la recherche du mouvement vital et nécessaire à sa survie.

Calamusa nous propose un retour aux sources, à la genèse de toute chose, une claque régénératrice de sens, une parenthèse hors du temps. Certes dans un premier regard, on est déstabilisé par cette humanité, si rare et si profonde, qui émane de cet univers, au premier abord naïf, aux antipodes de tout cliché ou représentation convenus. Ici, par cette expression si stylistiquement personnelle, on ne transige pas, la mise ne danger est immédiate, l’immersion est totale d’où des personnages singuliers et autre bestiaire, symboles universels, laissent une empreinte éphémère et discrète, activée d’une énergie vitale, éloge à la fureur de vivre face à la loi implacable de la condition humaine.

Cette trace primitive, sortie d’un autre temps, faisant l’écho à l’émanation la plus ancienne qu’est l’art des cavernes, revisitée, ravivée par un trait si contemporain, où le dépouillement laisse sa place à l’émotion pure, est illustrée sur la toile ; comme dirait l’autre : « il y a de la vie là-dedans ».

Aussi, on décèle , ici et là, des gribouillages compulsifs, des fulgurances picturales, rituels surgis sans doute de croyances inconscientes, archaïques, prêtes à défier le sort, face aux inquiétudes existentielles.Ces graffitis nous laissent entrevoir l’ombre de Jean-Michel Basquiat dans une expression enfin apaisée et sereine.

D’autre part, Calamusa nous invite à lâcher prise dans un vagabondage poétique aux teintes nuancées et délicates, issues des terres du sud, noyées par les rayons ardents du soleil. On observe aussi, lors de cette promenade visuelle, bien souvent comme une marque de fabrique sensible du peintre, l’homme léger rempli d’amour, soulignant comme la note bleue l’équilibre de toute chose sur cette vieille terre.

Est toujours présent ce petit « nan » bleu azur, ce petit cours d’eau, source de vie, parcourant la toile et laissant s’exprimer ainsi les multiples vicissitudes et hésitations , hasards et aventures au bout du pinceau, où la magie de la création opère.

Tout ceci nous rappelle à l’essentiel : qu’ est le poids d’une vie, la fragilité d’une existence, d’une histoire, d’une trace, d’un trait ? Est-ce une empreinte comme un défi à l’éternité, un questionnement fondamental adressé à nos contemporains ? Merci monsieur Calamusa pour cette leçon d’humanité.

Texte de T. Guibert, Annecy 2014

 

 

 

 

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