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Georges BRUNON

Georges BRUNON

Du 3 juin 2014 au 28 juin 2014

À retrouver à GALERIE LEE
9 rue Visconti - 75006 PARIS -
FRANCE

www.galerielee.fr
+33 (0)1 43 25 14 98

Mis à jour par John Doe
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Georges BRUNON

GALERIE LEE

GALERIE LEE

Du 3 au 28 juin 2014

PARIS 6ème

 

 

Georges BRUNON

 

Cinquante ans de peinture : Une question.

En 1948 dans le Saint-Germain-des-près d’après guerre, Brunon qui fréquente alors César, Dimitienko, Kawun et la plupart des peintres des années 50 ne reconnaît pas ce qu’il cherche dans les tentatives de créer un nouveau style dans la lignée des Kandinsky, Mondrian et autres peintres modernes.

Encouragé par André Salmon, il expose à la galerie de Presbourg, Avenue Kleber, tenue par André Fried, collectionneur en renom. Au début des années soixante il exposera à New York et Chicago où il rencontre des amateurs nouveaux.

En 1968 il est mal à l’aise avec la société qui se prépare, fondée sur la consommation et les idéaux politiques. Il prend le large. Il cherche la raison d’être de ses travaux dans l’exploration de la vie telle qu’elle apparaît dans les sources, les montagnes, les animaux, dans la matière vivante de la terre. En voyant la source de l’art dans la vie qui nous entoure , il se sépare de la tendance d’alors qui voulait que l’art soit seulement un problème de forme, de recherches plastiques, ou esthétiques. Il se retrouve sur un chemin solitaire, avec d’autres artistes qui constituent ce que l’on appellera la « peinture cachée ».

C’est alors qu’en se posant la question : « l’art peut-il nous aider à retrouver la voie ? » il s’écarte définitivement de l’histoire de l’art officielle qui voulait classer les artiste par écoles, décrire l’art selon des systèmes plastiques ou des scandales programmés. Les années 70 sont celles de différentes performances ou happening qui montrent Beuys discutant avec un coyote dans une galerie de New York, tandis qu’en France le moulage géant du pouce de César est présenté comme une sculpture. Cela débouche sur une politique culturelle coupée du plus grand nombre, réservée à quelques collectionneurs et intellectuels qui terrorisent les « non initiés », stigmatisés pour leur ignorance.

Brunon ne voit pas dans ce cercle privé, qui se veut le seul représentant du monde actuel, sa raison d’être peintre. En revanche, il l’aperçoit dans le sillage d’une question plus universelle qui anime les œuvres des artistes depuis les cavernes jusqu’à celles des modernes d’avant guerre : Picasso , Braque, Mondrian Kandinsky et autres, en passant par les peintres d’icônes, les arts d’Asie et d’Afrique qui ont créé des styles divers pour exprimer l’énigme enfouie dans la vie . En un mot, il n’envisage pas sa place de peintre dans un ordre à part, dans le musée imaginaire de Malraux, mais en dehors du ministère de la culture, en rapport avec l’aventure de l’Homme qu’il sent menacé par les robots et la virtualité.

Dans les années 80 Brunon est un peintre qui peint avec des couleurs à l’huile. Il a des pinceaux et un chevalet. Ses tableaux sont peints sur toile avec une matière organique qui supplante la ligne et organise l’espace des œuvres animées, comme le vivant, par le mouvement de la spirale. Ces objets donnent à vivre une présence dynamique. C’est la réponse à la phrase de Cognat qui voyait déjà, dans les années 60, ses tableaux « comme une confrontation avec la nature. » Sa réponse à l’opinion de Cognat est, 50 ans après, dans ses tableaux.

Cependant, à partir de son expérience, il écrira un traité sur la pratique de la spirale à travers le corps et le dessin publié en 1982 aux éditions Dangle et intitulé « L’art et le vivant ». Autour d’elle il organise des groupes de travail qui éveilleront chez les participants un dynamisme inattendu.

Il peut alors répondre à sa propre question sur l’utilité de l’art : « oui un tableau peut nous aider à retrouver la voie quand il n’est plus réduit à un problème d’esthétique, d’inventions, un produit de la culture d’état décrit par une histoire de l’art officielle mais, à la lueur d’une expérience personnelle, un phénomène énergétique.» Énergie qui nous met en harmonie avec le silence de la vie et la parole poétique, qui disparaît devant les analyses et les phrases savantes. Peu importe le procédé employé : acrylique, installations ou autres pourvu que l’expérience ait lieu.

Tout en poursuivant cette recherche, à rebours du mouvement en vogue, Brunon expose à Londres, au Japon, à Paris, où quelques amateurs peuvent suivre son cheminement sur cette piste.

Au fil des années ses recherches l’amènent à approfondir l’art comme énergie qui émane d’une présence indicible, visible et pourtant invisible, qui monte d’un tableau. Cette présence de l’invisible visible dans l’œuvre, qui échappe à toutes descriptions, sera désormais le centre de ses recherches. Elle vient d’un certain dialogue avec le monde, illustré par la publication des « Noces du Cerisier » (poèmes et dessins) en 1996, suivie en 2009 par «Les dits du cerisier » Il s’agit d’une relation poétique, par le dessin, avec un cerisier qui n’est plus un objet regardé mais participe à la naissance de sa propre image. Il attend que de cette énergie poétique, fondée sur la fusion, hors spéculation, naisse une communion vivifiante entre le spectateur et ses tableaux : leur matière, leur lumière : expression de la vie dans le vivant.

Il fut conforté dans ses recherches par sa rencontre en 1992 avec Yvonne Duplessis et ses recherches sur la dermo-optique qui montrent l’importance de la peau dans la vision. Sans les yeux des aveugles peuvent décrire un tableau. Cette vision subliminale, fondée sur l’infra rouge lointain, permet d’affirmer que relation fusionnelle avec une œuvre d’art n’est pas une utopie. Les expériences que Brunon fit avec Yvonne Duplessis montre au contraire qu’elle est active .

Sa dernière exposition intitulée : « Bêtes et cailloux » a eu lieu en 2010 à la galerie Lee, avec laquelle il travaille depuis plusieurs années.

Si Brunon n’a jamais participé aux idées qui débouchent aujourd’hui sur l’art, dit « contemporain », il a emprunté une voie plus personnelle pour participer à la vie de son époque qui ressort de ses écrits. Son dernier ouvrage en 2O12, aux éditions l’Harmattan, est intitulé « l’art sans l’Histoire de l’Art ». Y est posée la question qui a sous-tendu son œuvre pendant 50 ans car son principal outil de travail a été une question. Elle est au cœur de cette rétrospective, qui n’appartient à aucune école. Le style, les instruments employés, les procédés utilisés, toutes les cuisines d’atelier n’en sont pas la causes mais la conséquence.

 

 

 

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