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On en parle

Urban Tattoo 4

admin, le 20 December 2012

Richard Trian né à Cognac en Charente, en 1971, interroge depuis 2006, les voies parallèles de l’art urbain entre peinture, graff, tag et pochoir. S’inspirant de mots captés dans l’instant de l’actualité, il les déforme, les triture, les détourne comme un motif et les retravaille comme une empreinte au coeur de sa peinture. Il réinvestit ainsi l’imagerie de la ville contemporaine, et cette « écriture », dessertie de son environnement ou au contraire replacée sur fond de mur décrépit, offre une trace d’archéologie contemporaine, un paysage urbain décalé, charriant les signes- les débris- d’un nouvel imaginaire collectif. Ainsi, et notamment dans les oeuvres panoramiques, la sensation de mouvement, de vitesse, de « dépassement du cadre » que n’aurait pas renié Clifford Still, la vivacité chromatique, sa musicalité, le noir comme des traces –hommage récurrent à Soulages-, l’irruption du blanc optique, les coulures, la souplesse calligraphique, la scénarisation par le séquencement des couleurs :  tout concourre à donner à voir une oeuvre dynamique, mouvementée, ample, puissante et subtile à la fois, dans ces jeux d’ombres et de transparence, profondément inscrite dans les turbulences de l’art mural contemporain. Mais dans l’esprit plus qu’à la lettre, le travail de Richard Trian, nourri d’une véritable culture de l’action painting, cherche à pointer le lien –le chaînon manquant- entre l’Histoire de l’Art (l’expressionnisme abstrait américain, l’abstraction lyrique) et cet art que la rue aimerait parfois croire sortie d’elle seule. Il se réapproprie et connecte les codes de ce double langage plastique. D’une part, la picturialisation de l’écriture dans un lettrage « Wildstyle », dans lequel les lettres, abstractisées, enchevêtrées, lisibles peut-être à quelques seuls initiés ; de l’autre la rapidité du geste, les traces et la peinture qui file, l’éclatement des formes, l’énergie d’un Pollock ou d’un Motherwell, l’apesanteur d’un Zao Wou-Ki. Dans cette exploration des possibilités expressives du signe dans la peinture, Richard Trian tente de mesurer le « risque abstrait » à l’aune de la plus contemporaine, et la plus populaire, des expressions plastiques. Il montre que la peinture est toujours un évènement et que l’espace de la toile reste encore, et plus que jamais, « une arène dans laquelle agir »*.

*Harold Rosenberg – « The American Action Painters »-1952

 

Marie Deparis et commissaire d’exposition, juin 2008

 

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