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On en parle

Urban Tattoo 2-1

admin, le 20 December 2012

L’oeuvre de Richard Trian se vit comme une opération spirituelle car toutes les images qu’il nous donne de voir sont de nature poétique. Elles permettent d’humaniser les forces du cosmos pour aboutir en quelque sorte à une véritable cosmologie de l’humain. La vie spirituelle qui domine son oeuvre résulte de cette action qui est de faire grandir les choses, les élever. C’est pourquoi les images du peintre sont purement poétiques comme celles du poète Shelley pour qui elles sont toutes assimilables à des « opérateurs d’élévation ». Images dynamiques, qui élèvent, nous allègent, nous soulèvent et nous transcendent. La dimension aérienne transparait étonnamment chez Richard Trian et ce malgré l’enchevêtrement des formes et la forte intensité des couleurs qu’il utilise. Ce qu’il nous propose relève d’un voyage onirique. Voyage aérien sur des flots, dans une barque qui bercée dans un océan se fait caresser et parfois violenter par les vagues. Shelley disait lui-même : « Notre barque est semblable à un albatros dont le nid est un océan lointain de l’Orient empourpré ; et nous nous assoirons entre ses ailes, pendant que la Nuit et le Jour, l’Ouragan et le Calme poursuivront leur vol… » (Shelley, Oeuvres, trad. Rabbe, t.II ; Epispsychidion, p.274) Le psychisme voué à l’eau rejoint en fait tous les éléments du cosmos, la poétique de Shelley nous amenait déjà à un pays d’élection comme une « île suspendu entre le Ciel, l’Air, la Terre et la Mer, bercée dans une limpide tranquillité. » De même la poétique de Richard Trian se nourrit de tous les éléments naturels que sont l’eau, la terre, le feu, le vent… Son inspiration de la culture urbaine et son attrait pour l’ « outre-noir » d’un Soulages le conduisent souvent à utiliser des couleurs qui éclatent comme de la dynamite avec des formes denses, ramassées et électriques. Certes l’artiste a besoin de marquer son territoire par une peinture très expressive voire violente pour accéder en réalité à une dimension toute autre, celle de l’intériorité et de la méditation. Ce paradoxe, le peintre l’assume comme son empreinte personnelle, sa propre identité. Il n’idéalise pas le spectacle de la nature mais s’imprègne d’elle pour agrandir le monde par son monde à lui, au-delà de toute limite.

Christian Schmitt, le 19 septembre 2012

 

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