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On en parle

Dessins français des collections privées françaises

Christian Noorbergen, le 9 juillet 2026

L’exposition réunit quelque 170 dessins français majeurs, issus de prestigieuses collections privées. Elle offre au public une occasion rare de parcourir, à travers des œuvres aussi précieuses que rarement montrées, un vaste panorama de l’art français, de la fin de la Renaissance à la Révolution. Du règne d’Henri IV à celui de Louis XVI, cette période voit en effet s’affirmer en France le rôle central du dessin, préalable à toute création. Outil privilégié pour inventer, fixer ses idées, les corriger et les présenter à tout client potentiel. Peintres, graveurs, architectes, sculpteurs ou artisans partagent ainsi une même pratique du dessin, mobilisé aussi bien dans le processus créatif que pour ses qualités esthétiques propres. Livre-catalogue de 400 pagres !

Claude Lorrain – Vue panoramique de la campagne romaine, le mont Soracte à l’arrière-plan – Pinceau et lavis d’encre brune – 162×268 mm – © D.R.

Sous le commissariat éclairé de Patrick Ramade, Nicolas Schwed et Pierre Stépanoff, l’exposition, présentée en 11 sections, met à l’honneur une constellation d’artistes majeurs, de Nicolas Poussin à Jacques Louis David, en passant par Claude Lorrain, Simon Vouet, Eustache Le Sueur, Charles Le Brun, Antoine Watteau, François Boucher, Jean Honoré Fragonard ou Hubert Robert. « L’ensemble de ces feuilles a été prêté par des collectionneurs particuliers français qui, tout en souhaitant conserver l’anonymat, ont accepté de partager, durant trois mois, leur passion avec le grand public. Il s’agit ainsi d’un ensemble tout à fait inédit, dont les trois quarts n’ont jamais été publiés ni présentés au public. » précise Pierre Stépanoff, directeur du musée.

Jean-Baptiste Greuze – Anacréon couronné par l’Amour dans sa vieillesse – Plume, encre noire et brune, lavis gris – 230×360 mm – © D.R.

Et le « parcours fait la part belle aux dessins français » signale Nicolas Schwed. Voulant rester discrets, les noms des propriétaires n’apparaissent pas, même si celui du prince Amyn Aga Kahn est cité en apparté…

Jean-Baptiste Oudry – Un lynx accroupi – Pierre noire, rehauts de craie blanche sur papier bleu – 275×426 mm – © Irwin Leullier

Le dessin, soit l’âme première de toute création artistique (ou presque), se prête à tous les possibles du geste ou de la pensée. Il préfigure le plus souvent l’œuvre définitive, comme il peut être, justement, l’œuvre finale, établie et intemporelle. Souvent l’artiste expérimente, invente ou tente l’impensable via l’épreuve intime, voire secrète, de son dessin.

Jusqu’au 27 septembre 2026
Musée de Picardie – Amiens (80)

En Une : Simon Vouet – Etude pour Le Christ à la colonne – Vers 1639 – Pierre noire, rehauts de craie blanche sur papier brun-gris – 283×207 mm – © Irwin Leullier

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