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On en parle

Dado au Manoir de Vaux

Christian Noorbergen, le 18 juin 2026

Le Manoir de Vaux, à Gisors, est un domaine seigneurial agricole fortifié, d’un type architectural aujourd’hui devenu rare, dit « maison forte », remontant au XIIe siècle. Inscrit à l’inventaire des monuments historiques, il est constitué de plusieurs corps de bâtiments organisés autour d’une cour fermée, formant une enceinte dont chaque angle est ponctué d’une tour ronde : un corps de logis, des écuries, communs, hangars, et une chapelle ! Situé à 30 km de Giverny et d’Auvers-sur-Oise, le domaine s’étend sur plus de 9 hectares en pleine nature, à 5 minutes de la gare de Gisors, à 1h15 de Paris.

Autoportrait présumé de Jérôme Bosch – 1974-2002 – Huile sur toile – 162×130 cm

Les actuels propriétaires ont acquis le manoir en 2018. Ils ont engagé un vaste programme de restauration afin de pouvoir y vivre en développant des projets culturels et événementiels. Hendrik Bokdam, collectionneur passionné possède plus de 200 œuvres du grand Dado qui a vécu la plus grande partie de sa vie à proximité de Gisors, jusqu’à sa disparition en 2010. Avec sa fille Caroline Bokdam, Hendrik crée un formidable Espace Dado permanent de 400 m2 dans les anciennes écuries et le colombier, via l’ouverture du Lieu d’Art Contemporain « Saint-Laurent de Vaux ». Il s’agit d’un véritable musée consacré à Dado ! Des expositions temporaires vont également avoir lieu dans un autre espace.

Sans titre – 1960 – Encre sur papier – 36×26 cm

Celui qui ressemblait à un bandit de grands chemins, qui élevait des poules et des bestioles, qui roulait à toute berzingue un peu partout en France, ledit Dado est un prodigieux artiste. De grandes plumes à courage ont osé écrire sur lui, d’Alain Bosquet à Claude Louis-Combet, de Gilles Deleuze à Bernard Noël, de Jean-Marc Rouillan à Harry Bellet. Et la liste de ses amis sidère, de Pierre Bettencourt à Roland Cat, de Joyce Mansour à Michel Leiris.

Dado, envoûteur de profondeurs psychiques et sauvage raffiné, n’est pas un cadeau pour les regards assis. Il est un monstre à démonstrations suffocantes, insidieuses et délicieuses, à formes dures surgies de tous les non-dits du mental. 

Sans titre – 1972 – Gravure rehaussée – 55×75 cm

Tous les fantasmes d’étranges naissances sont assemblés par l’affolante peinture d’un géant de la création. Terrible et formidable engeance qui aurait avalé toutes les normes complaisantes. Son art sans vaccin esthétisant est contagieux comme un charme à prodiges. Le sain et le malsain vont de pair pour une santé d’outre-nature qui secouerait la belle peinture par ses bas-fonds, sinon par ses fondements.

Dado est un maître des brûlures visuelles, cependant qu’en chaque œuvre, une indicible douceur fait remède immense.

Musée Dado au Manoir de Vaux
Gisors (27)