« Géographie de la beauté »
Formidablement documenté, ce livre de Christine Sourgins est un voyage inouï au pays de la beauté. Il ne s’agit nullement d’une histoire convenue du concept, mais d’un regard acéré au cœur des battements de la beauté dans l’art d’hier et d’aujourd’hui. Au passage, et très heureusement, une partie très discutable de l’hyper contemporain fatigué se trouve égratignée.
La géographie mentale de la beauté est sans frontière et couve en profondeur dans les justes créations de notre temps, et ce jusqu’au soi-disant laid initial peut être transformé par la qualité du trait, de la chromatique ou de la scénographie. Ce livre-phare est une déclaration d’amour aux beautés créatrices. Christine Sourgins aborde souverainement les notions habitées du pulsionnel, de l’étrange du sublime, de l’harmonieux, voire du quelconque. Son regard acéré et quasi-magicien explore à vif tous les terroirs de la beauté, sans concession et sans fard. L’ouvrage est une somme qui oxygène la pensée et fait du bien à l’âme. Grâce à ce type de livres, on voit bien que l’art « vrai » n’est pas écrasé par les fabrications actuelles, et qu’il survit en saine profondeur. « La beauté peut donc se caractériser comme une expérience perceptive et existentielle. » écrit l’auteure. Expérience essentielle et indispensable.
Historienne de l’art ayant œuvré dans plusieurs musées, dont le Louvre, Christine Sourgins, d’une plume aiguisée et majeure, collabore à diverses revues. Elle exerce des responsabilités pédagogiques et culturelles en milieu associatif.
Éditions Boleine – 15€