Le fil rouge de Muriel Gani…
Muriel Gani photographie des micro-univers, œuvres du temps et du hasard, cachés à la vue de tous, au fil des rues, des murs, des sols… Si elle capte le réel de très près, c’est pour s’en libérer.
Extraits de l’ordinaire par le seul pouvoir du regard, ces fragments révèlent leur poésie. Ancrés dans leur matière autant qu’ils s’en échappent, des dialogues insoupçonnés affleurent entre traces et imaginaires incitant chacun à y projeter ses paysages mentaux et ses récits intimes.
Cette vision sensible et singulière de l’environnement quotidien inspire notre perception des espaces traversés chaque jour : l’art peut surgir partout, de n’importe quel détail. Rien n’est mis en scène ni ajouté. Tout est trouvé, cadré serré, puis subtilement révélé.
Muriel trouve matière à photographier n’importe où, au fil de ses pas quotidiens. Une porte abîmée, un bout de plastique au sol ou de scotch arraché sur une vitrine… et des images profondément enfouies remontent à la surface de sa conscience pour se projeter à la surface des villes.
En quelques mots, son premier choc artistique…
Adolescente, la puissance de ses compositions Henri Cartier-Bresson est à la source d’une révélation : la photo n’est pas le sujet ! Cette conviction soustend sa démarche, l’amenant aujourd’hui à scruter les sols sales, les murs décrépis ou les poubelles dégradées pour y découvrir des pépites.
Les motifs de la Mosquée de Cordou ou la dentelle en béton du Mucem lui ont offert des moments suspendus. Certaines pièces de Philippe Découflé et Mourad Merzouki l’émeuvent aux larmes chaque fois qu’elle les revoit. Leurs univers chorégraphiques et scénographiques nourrissent son regard. D’aucuns voient parfois dans ses photos l’influence subliminale des œuvres de Nicolas de Staël, Hans Hartung, Rothko et bien d’autres grands peintes et sculpteurs.
Le portrait chinois de Muriel Gani
Si vous étiez une oeuvre, vous seriez : L’Outrenoir de Soulages.
Si vous étiez une couleur, vous seriez : Des associations entre quelques unes d’entre elles, souvent des complémentaires, spécialement orange et turquoise.
Si vous étiez un pays, vous seriez : Un pays méditerranéen.
Si vous étiez un livre, vous seriez : Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan.
« Des micro univers de rêve, fruits de l’usure et du hasard, cachés à la vue de tous au fil des rues, des murs, des sols… »