Le fil rouge de Lucile Coste…
Le monde sensible, les variations du toucher et la brutalité du fait d’être me touchent et me questionnent au fur et mesure de mon existence. Le chemin depuis ce que je ressens dans la complexe géométrie organique des corps, vers ma main qui retranscrit avec ses mots la manière dont j’ai assimilé l’extérieur en l’observant, ce chemin là, exquis et radical, a été ma porte d’entrée dans le monde de l’Art. Par le dessin, la couleur et puis, surtout la sculpture – le modelage – je cherche à retracer (en rendant visible) un mouvement qui traverse le sujet. Il est comme un langage avec son axe principale et puis ses sous-rythmes subtiles, organisés et imparfaits : vivant.
A présent, je me transforme dans ma récente pratique exploratoire du Raku : s’entrouvrent à moi des voies de pensées et de créations nouvelles et inexplorées qui m’enivrent d’inspiration.
En quelques mots, son premier choc artistique…
Il y eu la petite sculpture paléolithique du « Bison se léchant » de l’art du Magdalénien dont j’ai vu une petite reproduction dans la boutique d’une grotte vers mes 5 ans. Dès années plus tard, elle m’est réapparu, impériale en Corrèze, quand une vache élancée s’est léché le dos de la même manière.
Puis il y a eu le tableau « Champ de blé aux Corbeaux » de Vincent Van Gogh, quand je l’ai vu, je suis restée muette, projetée dans un autre monde quelques minutes, ma bouchée bée.
Et puis Kandinsky au Grand palais à Paris, j’ai vu les sons. J’ai entendu les couleurs. Des harpes, des flûtes. Quand je fermais les yeux c’était le silence, quand je les ouvrais, la symphonie
Il y a eu Judith Scott, de l’Art Brut : mes entrailles n’ont jamais autant pleuré, rit et vibré.
Et Alexandra Engelfriet, qui m’a captivée en m’hypnotisant presque par l’intensité de sa mouvance dans l’espace, dans l’environnement, et la concentration épaisse de ses objets.
Le portrait chinois de Lucile Coste
Si vous étiez une oeuvre, vous seriez : Aérienne, longue et bleue.
Si vous étiez une couleur, vous seriez : Épaisse et dense au milieu, floue et presque scintillante au dehors.
Si vous étiez un pays, vous seriez : Faite de rivières très vives, de collines et d’arbres, mais aussi de grottes et de roches profondes.
Si vous étiez un livre ou une musique, vous seriez : Un carnet intime retrouvé, écrit il y a 1000 ans, une des flûte trouvée au creux des grottes ornées de la préhistoire.
« L’oiseau peut connaître bien des misères et des frayeurs au dehors, mais il n’est pas prêt à renoncer à sa liberté. De même, l’enfant que nous étions et qui nous habite encore, ne peut accepter de vivre petit. Aucun argument ni aucune distraction ne peuvent avoir raison de sa belle folie. » extrait de La Soif de l’Essentiel, de Reza Moghaddassi