Laurent DELAIRE
Bio
Le fil rouge de Laurent Delaire…
Je suis inspiré par des paysages autobiographiques, souvent fréquentés, et parmi eux plus particulièrement ceux qui dessinent des lisières, des frontières et évoquent de fait la question du passage, très présente dans mon travail et métaphore de l’introspection. L’évolution de ma pratique, naturellement lente, se réalise en partie dans la répétition des gestes (peinture par soustraction, frottages, écriture) et des sujets (paysages de bocage, natures mortes, bols, verres…) S’il y a souvent une capture d’image en extérieur, l’atelier est l’endroit où celle-ci, dessinée puis peinte, se valide ou pas, dans la pratique-même, à l’endroit où elle se confronte aux autres images exposées, dans ce qui doit pour moi avant tout constituer une filiation. En d’autres mots je m’inspire des œuvres récemment réalisées.
Principalement ancré dans la figuration, mon travail explore le temps suspendu, appelle le silence et l’attention consciente en proposant des espaces de contemplation et d’introspection.
Les peintures, réalisées sur papier ou sur bois, quasi monochromes, témoignent d’une recherche minutieuse sur les jeux d’ombres et de lumières tout en questionnant les frontières entre présence et absence. Paysages, intérieurs de maisons, vanités ou natures mortes, constituent l’essentiel de mes représentations. Toutes ont en commun un processus de peinture par soustraction, où le long et méticuleux essuyage du medium permet la redécouverte totale ou partielle du dessin initial ainsi que du fond blanc du tableau qui traduit picturalement la lumière, laquelle devient presque l’élément principal de l’œuvre.
Les dessins sont un terrain privilégié d’expérimentations. Souvent ils fragmentent des vues d’un même espace sur plusieurs feuilles. Parfois ils présentent des vues d’atelier lacunaires ou bien s’affranchissent des lois de la perspective et de l’échelle.
Je mets régulièrement en espace l’absence et la mémoire dans des installations immersives réalisées par frottages et qui témoignent de l’impermanence de notre condition. Je travaille aussi depuis longtemps sur un projet d’écriture asémique (sans contenu sémantique), partiellement dissimulée et qui rend compte d’une pratique ascétique et intérieure.
En quelques mots, son premier choc artistique…
Un premier, en réalité compris plus tardivement : enfant Laurent fabriquait des machines dont la fonction devait être… de ne servir à rien.
Un second, sans nulle doute la rencontre avec le travail – et surtout la manière d’envisager la pratique artistique – de l’artiste Pierrette Bloch, et qui lui a donné envie d’en faire son métier.
Le portrait chinois de Laurent Delaire
Si vous étiez une oeuvre, vous seriez : Une des toutes dernière œuvres de Pierrette Bloch, si ce n’est la dernière : une longue feuille horizontale avec, dessinée, une petite ligne de points.
Si vous étiez une couleur, vous seriez : Le Blanc.
Si vous étiez un pays, vous seriez : Il n’a pas de nom.
Si vous étiez un livre ou une musique, vous seriez : La Recherche… sans doute. Ou une musique qui s’éloigne, doucement.
En permanence
- Galerie Catherine Pennec – Clermont-Ferrand
- Galerie 66 – Périgueux
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« Sur les murs d’une salle du musée s’étalent aussi des dessins multiples d’encadrements. Ils sont vierges de toute autre représentation que celle de leur inutilité.»
Michel Voiturier, Flux News, septembre 2022.