Le fil rouge d’Elisabeth Baillon…

Broder, pour moi, c’est voyager sur un tissu !
Au départ celui-ci est noir. S’y inscrit un dessin blanc, net, précis comme une carte d’état major. Désir de recouvrir entièrement cette nuit de lumière. De la machine à broder, détournée par moi de son utilisation industrielle, sort une chaînette de laine, aussi fine qu’un crayon, aussi agile qu’un pinceau. Ce véhicule se conduit à l’aide d’un alerte moulinet, d’une précision aigue, grâce auquel toutes les formes sont contournées, enveloppées, labourées en rythmes concentriques ramenant chacune d’elles vers leur noyau. Chaque virage provoque la levée d’un petit relief caractéristique que seule la rapidité de la machine est capable de produire. Sous ce réseau coloré, point par point, la toile noire disparaît. La vitesse de la machine, son parcours dynamique sur la toile entraîne toutes les rêveries vagabondes. Son bruit métallique de petit tracteur couvre tous les autres bruits, remplit le silence de la maison, donne à ma démarche la solitude du coureur de fond.
Ce voyage dans le noir dura trente cinq ans. Vint alors le désir de révéler le dessin recouvert. D’allier, sur un même territoire, la structure et la matière, l’os du dessin et la chair de la laine. Partir d’un tissu blanc, apprivoiser sa blancheur d’hostie, la tacher d’encres. Cela déborde et capilarise sans discipline, se métamorphose en douce. Le dessin surnage, puis il est ombré et griffé comme une sorte de tatouage à la plume. La chaînette entoure cette ossature, elle la borde et la brode de sa matière laineuse, en respecte dorénavant les contours. Puis, des photos sont transférées sur le tissu : visages des êtres chers disparus de l’enfance, retrouvés ainsi sur la toile.
De la toile au papier Création de livres appelés Porello (en accordéon) alliant des textes d’écrivains inspirants aux broderies, collages et photos.

Le portrait chinois d’Elisabeth Baillon

Si vous étiez une oeuvre, vous seriez : La Nativité de Georges de le Tour
Si vous étiez une couleur, vous seriez : Orange.
Si vous étiez un pays, vous seriez : La France.
Si vous étiez une musique, vous seriez : Jean-Sébastien Bach.

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« Broder, c’est voyager sur un tissu ! »

Les oeuvres

Voyage dans l’arbre

Broderie de laine, encre acrylique et photos transférées

Sans titre

Sans titre

Sans titre

Portrait d’une jeune fille rangée

La maison hantée

Croniamantal

Oeuvre de l'artiste peintre Elisabeth Baillon

Garçon au bouquet

Technique mixte personnelle d’encre et de borderie à la machine
Oeuvre de l'artiste peintre Elisabeth Baillon

Vers les nuages

2016 – Technique mixte personnelle d’encre et de broderie à la machine – 80×60 cm
Oeuvre de l'artiste peintre Elisabeth Baillon

Territoire d’autre mer

1987 – Technique mixte personnelle d’encre et de broderie à la machine – 220×240 cm
Oeuvre de l'artiste peintre Elisabeth Baillon

Tatou sous la lune

Technique mixte personnelle d’encre et de broderie à la machine
Oeuvre de l'artiste peintre Elisabeth Baillon

Remparts

2006 – Technique mixte personnelle d’encre et de broderie à la machine – 120×85 cm

Les expositions