Démarche Artistique d’Aurore Lanteri :
Je m’inscris dans une logique de recherche expérimentale au travers de techniques variées : sculpture, peintures, collage, gravures, dessin, etc. Mes formations en design de mode à Paris puis en Art aux Arts Décoratifs de Strasbourg m’ont offert un solide bagage technique mais aussi une curiosité pour la recherche et l’expérimentation. Ce qui me permet d’aborder sans peur la question de l’espace et du volume, la question de la couleur et de la représentation, et de jouer avec. Il m’arrive de travailler par série, mais j’ai un esprit sauteur, capable de concentration mais incapable de fixer, de circonscrire pour de bon. Je travaille avec un double mouvement de saisie et de relâchement ou débordement. Je suis capable de saisir parfaitement et techniquement mon sujet d’étude, tout en le laissant se créer tout seul à un moment, pour laisser transparaître le mystère et l’impossibilité pour quiconque d’exprimer, de modéliser dans son entièreté ce qui se joue là, à cet instant, qui l’instant d’après s’est déjà échappé. Il en résulte une sorte de foisonnement artistique à la fois sérieux et déconnant.
Avant 2016 je travaillais sur ce qu’il y a de mystérieux en l’Homme, dans sa relation aux autres et au monde. Depuis la naissance de mes enfants, j’ai rendu plus lisible le caractère social, politique et écologique de mon travail. Ainsi, parler de révolte, de tolérance, de protection, d’amour, est devenu nécessité philosophique. J’observe le monde dans son extraordinaire vitalité et aussi dans sa folie, surtout humaine. Je l’intègre par le prisme de ma propre folie, de ma culture évidement et de mes émotions. Il en sort des œuvres jubilatoires qui portent les contradictions de notre époque autant terribles que puissantes. Mon travail sous-tend ce qui nous lie, j’y aborde la question du rapport entre soi et l’autre, le particulier et le collectif, le présent et l’ancien, soi et le monde. Je travaille sur la recherche et la mise en évidence d’une racine profonde et commune, et comment elle se pare d’une expression culturelle fascinante qu’il vaut mieux célébrer plutôt que mépriser. Il en va pour moi, pour nous tous, et pour la terre, comme le dit si justement Albert Camus, que le monde ne se défasse pas.