L’explosivité chromatique est le très vivant territoire d’art d’Arthur Astier, artiste-démiurge qui s’ouvre à vif aux confins de la création. Éclairante et somptueusement voyageuse, son imagination libertaire instaure à chaque œuvre un monde immaculé, brûlant, magique et chamanique, tant il reconstruit l’univers à son gré. Il expérimente à tout va, et chez lui, comme il se doit, la création échappe à la création. L’ordinaire du réel n’existe plus, et dans l’illimité du regard, son art fascine l’étendue par la majesté de ses couleurs à la fois chaudes, décalées, sensibles, sensuelles et subtiles. Arthur Astier délivre le monde de ses fatigues et dépoussière sans fin l’étendue. Il invente de nouveaux chemins vers la lumière, son véritable horizon. Ce créateur d’instinct, un rien sauvage et frénétique, « photographie ce qui glisse entre les doigts du Temps. ».
Chez Arthur Astier l’enchanteur, dans ses paysages inouïs, plusieurs univers plastiques et plusieurs temps vécus coexistent, on ne s’étonne donc pas de l’extrême fluidité de ses implacables et fabuleux surgissements. Arthur Astier n’œuvre pas dans la douceur, ni dans le saccage, mais dans la formidable tension de ses mouvances instantanées. Ses masses chromatiques incernables surgissent en dévoreuses passages d’espace(s). Quand la lave humaine sommeille dans les profondeurs bloquées, il y a des éruptions d’art qui creusent des trous dans la peau du monde. Ni abstraite, ni figurative, et ruinant les oppositions sommaires, l’œuvre atteint le seuil fascinant où mystique et peinture s’épaulent et s’abîment, en véritable solitude d’art.

Dans ses photographies-peintures, rien ne pèse, et tout s’arrache. Arthur Astier saisit la création à la gorge, prise à la source d’un art métamorphique où l’espace inachevé serait toujours en gestation. Il assume ainsi la singularité décapante du ressenti archaïque, le plus sain et le plus fort qui soit.

Arthur Astier expose avec Olivier Bottin, Jean Denant, Joseph Franceli et Jean-Claude Quivogne, dans un nouveau lieu fondé par Juliette Rostagno. Première exposition (“Text.ures“) consacrée à la matière et aux processus de création.
Text.ures – Jusqu’au 7 juillet 2026 – Galerie Avenue 42 – Nîmes (30)
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