Tout au long de l’année 2025, la renommée université de Louvain (KU Leuven) célèbre en Flandre les 600 ans de sa création en 1425. Parmi les événements, And So, Change Comes in Waves, parcours artistique et scientifique intégré de manière pérenne dans des lieux significatifs liés à la recherche, met en évidence l’interaction dynamique entre l’université et la société.
Le foisonnement de la recherche scientifique, qui fournit techniques et outils de compréhension d’un monde de plus en plus complexe, a un impact d’une importance capitale sur la société et la vie quotidienne, impact pas toujours compris ni intégré. Le rôle de l’art est alors de cristalliser l’imaginaire scientifique, de l’apprivoiser et de l’humaniser dans toutes ses directions, y compris quand la science touche les domaines les plus intimes de la vie sociale. Par cette interaction dynamique et fusionnelle, art et science sont des partenaires essentiels pour relever les actuels et futurs défis sociétaux. Tel est l’enjeu majeur de l’exposition belge.
L’accent est mis sur le questionnement, celui-là même qui est au centre de la connaissance, quand chaque réponse soulève une nouvelle question. La fascinante rencontre avec l’inconnu requiert une certaine modestie, doublée de la fierté d’ouvrir un formidable espace de possibilités et de perfectionnement. Ainsi chaque vague de connaissances, précédée d’une autre, déclenche à son tour de nouveaux élans porteurs d’espoir. Les artistes, en explorant émotions et vulnérabilités humaines, perçoivent les problèmes sous des aspects qui échappent parfois aux scientifiques hyperspécialisés. L’art et la science, ces deux formes majeures d’expression et de créativité, font alors remède aux maux de l’humanité.
Sous la houlette de trois commissaires, Stéphane Symons, professeur de philosophie, Heidi Ballet, et la poétesse Maud Vanhauwaert, quelque 45 chercheurs, œuvrant dans différentes disciplines, du neuropsychologue à l’astronome et à l’économiste, ont rencontré plasticiens et poètes. Ensemble, ils se sont penchés sur les grandes causes du XXIème siècle. Des thématiques diversifiées ont ainsi été définies : inégalités en tout genre, bien-être mental, intelligence artificielle, modifications génétiques, médicaments du futur, protection des écosystèmes, urgence climatique….
Seize créations inédites sont disséminées en des lieux insolites du campus boisé. La grande structure labyrinthique en acier Dwaaltuin du duo Gjis et Van Vaerenbergh, lentement conquise par la végétation, est le point de départ poétique de la balade, en rappelant le paysage de l’aristocratique parc du XVIIIème siècle. Sammy Baloji a intégré, dans une sculpture en forme de cristal d’uranium, une statuette traditionnelle Mayombe, rappel de l’histoire coloniale de son pays, le Congo. Clara Spilliaert profite du lieu très féminin du Béguinage pour dénoncer une recherche médicale qui s’appuie trop souvent sur le corps standardisé, masculin et blanc. En conclusion du parcours, Alicja Kwade a disposé en cercle des chaises collectées dans diverses facultés qui soutiennent un énorme rocher. Elle rend tangible le risque de l’ignorance et le nécessaire effort du partage des connaissances. La science relève avant tout du labeur humain, en riche quête permanente faite d’essais, d’erreurs et de réussites.
C’est très concrètement ce que l’immense université de Louvain met en place.
And So, Change Comes in Waves
Louvain – Belgique
En Une : Alicja Kwade Carriers – ©Marijke ‘T Kindt