Dans l’époque actuelle où les guerres réapparaissent en Europe et d’anciens démons refont malheureusement à nouveau surface, cette première monographie inspirante dédiée à Serge Kantorowicz tombe à pique et carillonne telle une sonnette d’alarme.
Delphine Durand, Docteur en Histoire de l’art et en Histoire des religions, nous livre une monographie épique aux références et aux analyses éclairées, riches et extra-sensibles. Elle nous propose ainsi de (re)découvrir l’œuvre-cri incarnée de Serge Kantorowicz où pour elle « la vérité de l’art est une transmutation de la vie en expérience esthétique ».
Delphine Durand décrypte pour nous la complexité d’une œuvre incarnée multiple. Entre le monochrome assombrit par la torpeur et l’explosion des couleurs organiques de la survie, l’artiste dévoreur de livres construit une œuvre-témoignage et entaille ainsi avec ses tripes une œuvre fascinante « dans la chair du temps ». L’autrice nous permet ainsi de saisir et de ressentir l’univers de l’artiste et son combat avec les émotions de l’ombre. « Celui qui ne parlait pas » et « Celui qui n’avait pas de corps » étale et propulse depuis les années 70 comme dans un carnet de bord intime en peintures et en mots ce trop plein de souffrances transperçantes. Il nous offre une œuvre coup de poing d’une modernité éclatante.
Serge Kantorowicz, Le meneur d’ombres – Auteur Delphine Durand
160 pages – 130 illustrations