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On en parle

Khaled Alkhani

Christian Noorbergen, le 17 mai 2024

« Corps de destin »

Chez Khaled Alkhani, tous les dehors du monde ont disparu. Venu il y a peu d’une Syrie broyée, il invente un maelström puissant d’où surgit une tête sublime et fragile, dévastée et indestructible. Tête de ciel sur une terre de fin du monde, avec un air de madone abandonnée. Le chaos règne, explosif et brûlant, hétérogène et pluriel, toujours désenfoui des apparences. Comme arraché au néant, le corps est vêtu d’espace. Tout emplie de ténèbres, la tête se délivre de ses couleurs cachées, accoucheuse et tendue. A l’inverse, le bleu du ciel se libère de ses opacités. Le corps meurtri, victime d’un monde mortifère, par exorcisme réactif, rejette ce qui disloque et qui tue.

N°2 – 162×130 cm

Le rouge, âpre et cru, domine des valeurs violacées violeuses de ténèbres, en contraste saisissant avec des teintes mates, pudiques et douces, qui apaisent l’étendue. Règne un somptueux gris d’horizon où s’enfouissent toutes les couleurs du monde, et d’où surgissent de pures allures vitales. Déchiquetées, et comme écartelées, les couleurs flamboient en un fiévreux magma.

Le corps disloqué et meurtri, victime d’un monde mortifère, par exorcisme réactif, rejette ce qui disloque et qui tue.

N°3 – 100×90 cm

L’expressionnisme ouvert, vivant et contemporain de Khaled Alkhani conjure les mauvaises mémoires. Son art majestueux dit la vie infinie qui résiste infiniment, et sa peinture sans frontière, fût-elle vêtue de soleils blessés, éblouit l’étendue.

N°5 – 125×70 cm

La forme humaine, archaïque et première, jamais ne s’achève, et jamais ne s’éteint. L’hétérogène du corps ne peut succomber à l’homogénéité mortelle. Khaled Alkhani vagabonde dans les chemins du temps. Les frontières de la peau n’existent plus, et les passerelles charnelles n’ont pas de limite, quand la création délivre la chair du poids lourd des identités fabriquées. Et la peau sécrète à vif ses propres paysages, dans l’approche indéfinie du désir et de la survie.

N°6 – 100×100 cm

Les têtes-effigies de Khaled Alkhani arrachent à la mort-vie des lambeaux d’être. Elles tressaillent dans la nuit.

Jusqu’au 1 juin 2024
Galerie Claudine Legrand – Paris 6ème

En Une : N°1 – 80×80 cm

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