« Langage, code, traduction »
À Garges-lès-Gonesse, à 15 km de Paris, en bordure de l’A1 et de l’aéroport du Bourget, le Cube Garges réunit une riche offre culturelle mêlant spectacles, cinéma, enseignement artistique et création numérique. Cet équipement culturel pluridisciplinaire, magnifiquement rassemblé dans un espace unique de 10 000m2, comprend deux salles de spectacle, une salle de cinéma, une médiathèque, des ateliers d’enseignement musical et chorégraphique, un « fablab », un studio d’enregistrement et un important pôle consacré aux nouvelles technologies ! Dans cette jeune ville de banlieue de 42 000 habitants, multiethnique et plurilingue, où près de la moitié des habitants vit en-dessous du seuil de pauvreté, Nils Aziosmanoff, fondateur et directeur général du Cube, en bonne entente avec le maire, entend faire de la culture « un élément transformateur », plus indispensable ici qu’ailleurs.

Unique en France, ce lieu honore cette année ses 25 ans d’existence avec une programmation tournée vers les arts numériques et un focus sur le développement vertigineux des intelligences artificielles. L’exposition-phare de la saison,« D’autres voix. Langage, code, traduction », réunit 23 artistes internationaux autour d’une multitude de langages, d’alphabets, de dialectes multiples et de modes de communication, qu’ils soient créés par les humains comme le code informatique et les différentes manières d’entraîner des IA à produire du langage, empruntés au vivant comme le chant des oiseaux, ou dérivés d’une culture visuelle, GIF, hashtag, blog, émojis échangés à travers le web. Le grand tournant a eu lieu en 2022 avec la mise à disposition de GPT-3-5, lorsque les intelligences artificielles, en particulier les agents conversationnels, sont devenues accessibles au grand public. Peu à peu ces outils capables de simuler le langage, générer du texte, traduire, répondre aux questions, influencent nos manières d’écrire, de chercher l’information, d’apprendre, voire de penser.

Vont-elles alors changer nos modes d’échange, nous faire naviguer en permanence entre des formes d’expression, repousser les limites du langage et redessiner le futur ? Comment se comprendre, et surtout comment apprendre à écouter ce qui se dit autrement ? Que faire du savoir et des nouveaux chemins de la culture ? Nils Aziosmanoff entend démystifier les craintes liées aux rapides et déroutantes évolutions et mettre à la portée de tous « un élan créatif » qui « montre une chose que l’IA n’aura jamais : l’émotion, la sensibilité, l’altérité, la créativité ». Écartant pour l’instant la délicate question qui agite les milieux scientifiques concernant l’hypothèse d’IA « conscientes » et des potentielles dérives…. L’accès aux technologies créatives et à des formes de savoir global devra impérativement s’accompagner d’une montée en conscience associant IA, éthique et intelligence collective.

Sur la façade du Cube, une installation lumineuse reprend l’expression « Hello World ». Depuis les années 1970, elle constitue le message inaugural permettant de vérifier le bon fonctionnement d’un programme. L’ensemble des lettres est éclairé, seul le O clignote, introduisant une légère instabilité au sein de ce message, signal de la fragilité et de la dimension profondément humaine des systèmes technologiques.
L’accès au Cube est gratuit. Un parcours est spécialement pensé pour les enfants et les familles avec des clés simples pour explorer en s’amusant.
Jusqu’au 17 juillet 2027
Le Cube Garges – Garges-Lès-Gonesse (95)
En Une : Le Cube Garges ©Sergio Grazia