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On en parle

Madhu Basu

Christian Noorbergen, le 8 octobre 2026

Créé en 2024 par Guy Ferrer en hommage à son frère, le Prix Jean-Yves Ferrer distingue un artiste œuvrant en profondeur sur le double thème de la spiritualité et de la paix. Cette année l’artiste d’origine indienne Madhu Basu, qui vit à Paris, est le nouveau lauréat de ce beau prix. Il expose en récompense à Perpignan, non loin de la demeure de Guy Ferrer.

Classic essay n°1 – 2017 – Acrylique, pigment et feuille d’or sur toile – 116x89cm

En Égypte, le dieu-potier Khnoum, avec de la lumière solaire devenue terre humaine, a créé l’homme. Madhu Basu, après avoir peint des morceaux d’humanité vivante, peint des plats très simples, fabuleusement simples, comme nés d’une simplicité archaïque. En Inde, « le pot symbolise la matrice de la mère », précise Madhu, et, dans la petite demeure d’un récipient primordial, l’esprit des morts s’installe à jamais. Choc ascétique des plus grands contrastes. 

Illuminant sa nuit d’origine, Madhu Basu peint ses pots dans l’harmonie de l’univers, ses écuelles s’échangent le monde, et l’art naît de ce silencieux dialogue. Circulaire, et d’implacable présence, le mince et sobre récipient ouvre l’espace, et l’habite somptueusement. Ce pot premier est outil d’âme, éclat de soleil mental, et comme l’alphabet initiatique de toute entreprise humaine. Il suppose la main et l’esprit, et convoque, en un cercle de lumière allusive, tous les éléments vitaux du cosmos.

Classic essay n°2 – 2020 – Acrylique et gold foile sur toile – 65×54 cm

L’œuvre de Madhu Basu dit l’impérieuse nécessité du dépouillement pictural. Contre la prolifération contagieuse du trop-plein matériel, l’artiste prend ses distances avec les excès de la production, il se méfie de la surface des choses. Chez Madhu Basu, le vide, d’où tout surgit, est noir d’abîme, et ses pots de terre travaillée vibrent dans l’univers sans fond et sans repère. Nés d’une lumière fragile, ils portent la contemplation jusqu’au bord aigu et tranché de l’horizon. Pour Guy Ferrer, « Madhu Basu nous rappelle que, parfois, la beauté se révèle dans un modeste quotidien. »

 Jusqu’au 22 octobre 2026
Galerie Roger Castang – Perpignan (66)

En Une : Totem n°2 – 2022 – Acrylique et feuille d’or sur toile – 92×73 cm

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