« Affleurements »
Maître de la plus forte présence charnelle, Matthieu Gauthier crée d’intenses portraits d’animaux où la gueule animale devient à elle seule un monde fabuleux de chair, de peau, de poils et de pure bestialité heureuse. La proximité qu’il crée impose un dialogue impensable et prodigieux avec les forces vives d’une nature essentialisée. Souverain, l’animal-dieu obsède toute surface peinte dans un imaginaire cru et sans limite. L’animal est absolument seul, sans référence à son ordinaire habitat, sans lien aucun avec les clichés du genre, en proie assumée aux énergies rassemblées de la terre entière. Il rayonne au point d’être le point culminant d’un univers dynamique totalement animalisé, « par le biais d’accumulation de taches de peinture ».

Chez Matthieu Gauthier, l’animal est mythique, intemporel et dominant. Il semble émerger d’un maelstrom archaïque, animiste et magicien. Il toise l’humain dans un face à face magistral d’une étonnante puissance. Quelque chose de monstrueux accidente l’étendue, comme la démonstration d’une implacable et nécessaire altérité.

L’animal peint est plus qu’un animal, il est aussi une créature explosive englobant l’humain, le monstrueux et l’énergie des confins. Il n’est jamais une caricature, plutôt l’apparence démultipliée des possibles de la vie dans la fascination d’une peinture abrupte, gestuelle et illimitée.

Et dans chaque œuvre, le surgissement de l’œil assure un dialogue absolu et sans frontière entre l’humain et l’impensable, et l’identité et l’inconnu, entre le possible et l’impossible. Matthieu Gauthier libère le réel de ses normes, de ses acquis et de ses fatigues.
Jusqu’au 12 septembre 2026 – Galerie Cridart, à Metz (57)
Du 10 septembre au 15 octobre 2026 – Galerie Guynet, à Vittel (88)
En Une : « Entre les lignes » – 2026 – Huile sur toile – 65×81 cm