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On en parle

Charles Belle

Christian Noorbergen, le 14 août 2026

« Les pas du silence »

Pour sa première exposition en Touraine, dans un lieu splendide, le peintre Charles Belle célèbre le mystère du vivant et la force poétique du monde végétal, à travers 25 œuvres grandioses, dont 10 inédites. Ces toiles explorent les grands questionnements qui traversent l’œuvre entière de l’artiste : le temps, la nature, la place de l’humain dans le monde. Inspirées de crânes fossiles emblématiques du passé de l’humanité, les nouvelles peintures abordent ces présences anciennes comme des portraits profondément humanisés. Cet ensemble dialogue avec deux dessins monumentaux réalisés dans les profondeurs d’une forêt, d’immenses fleurs traversées d’une intense puissance de vie et plusieurs “égards” aux grandes figures de l’histoire de l’art. Dans ce lieu marqué par la mémoire de Pierre de Ronsard, l’exposition interroge la permanence fragile du vivant et le passage du temps, territoire d’art de Charles Belle.

Égards, Zurbarán, Rothko, Pincemin – 2020 – 203×237 cm

Originaire de la région de Besançon, Charles Belle développe depuis plus de quarante ans une œuvre singulière, ancrée dans le monde naturel : forêts, herbes, fleurs, fragments végétaux et animaux. La nature n’y est jamais un simple motif, mais une matière vivante, habitée et en transformation. Sa peinture se construit dans le temps : les toiles sont reprises, superposées, travaillées en profondeur pour faire émerger une matière dense et lumineuse. Une démarche que l’artiste qualifie lui-même d’« œuvre infinie ». La nature lui est essentielle : « Quand je marche dans la nature, il s’agit d’une philosophie pure de la marche. La nature première me fascine, sans trace humaine, l’endroit vierge d’une tourbière, les lieux ignorés, sauvages, non pittoresques. Nature fantasmée, peut-être, et sans doute celle que nous ne verrons plus.

Les pas du silence – 2010-2021 – 237×377 cm

La nature ne se réduit pas à un spectacle. Regarder n’est pas suffisant, représenter n’est pas essentiel. Ce qui me trouble profondément, c’est la puissance de vie. A chaque fois, j’ai le même besoin de représenter cet impact. Vivre ce moment-là de la peinture est un privilège immense. J’approche une sensibilité enfouie, une mémoire archaïque. Les parfums, les odeurs, accèdent de façon directe aux soubassements du psychisme. Je cherche un autre territoire, un autre chemin que celui de l’évidence de l’image. »

Les années passèrent – 2018-2024 – 203×237 cm

La nuit de l’univers, par lui habitée, est un fabuleux réservoir de pure et dure présence animale ou végétale. L’art de Charles Belle, aux confins de la peinture, est un art de destin lourd d’existence vitale. Chaque œuvre crée un choc d’implacable présence, au cœur d’un fabuleux miroir d’altérité.

Jusqu’au 1 novembre 2026
Prieuré Saint-Cosme – La Riche (37)

En Une : 2026 – Monument St Cosme

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