Le fil rouge de Young Suk Kum…
Relier la tradition et le présent, la Corée et l’Occident, la foi et l’art, et révéler par la beauté ce qui est invisible.
« Sans copier le visible, l’art de Kum Young Suk exprime une attention amoureuse aux forces et aux formes d’une nature indomptée, qui échappe à l’illusion de domestication et de contrôle par l’homme et la Technique. L’œil et de l’esprit ne pouvant s’empêcher de rapporter l’étrange au familier et l’inconnu au connu, y devinent les empreintes du monde : lignes tortueuses des branches et des troncs, taillis ou ronciers, montagnes, taches dans la neige, ciels d’aurore et de crépuscule, écueils cernés d’écume. Mais ce n’est pas tel arbre, tel rocher, tel paysage qu’elle dessine ou peint : son art n’est pas figuratif ou « réaliste », il est suggestif et expressif. Il n’y entre, semble-t-il, ni préméditation ni plan ni projet ; l’artiste, de toute évidence, se lance dans chaque œuvre comme on saute au vide, s’abandonnant au destin d’images qui s’accomplissent à travers sa main. »
En quelques mots, son premier choc artistique…
Mon premier choc artistique est venu très tôt, à travers la peinture et la calligraphie coréennes. J’ai été profondément touchée par cette manière de faire apparaître, avec très peu de choses, une émotion, un espace et même une présence invisible. La ligne, le vide, la lumière et le silence pouvaient devenir une véritable forme d’expression. Plus tard, la découverte de l’art occidental a élargi mon regard. J’ai commencé à chercher un dialogue entre ces deux mondes : la tradition coréenne et l’art occidental, la spiritualité et la création, le visible et l’invisible.
Aujourd’hui encore, c’est ce dialogue qui nourrit mon travail artistique.
« Défaite de toute servilité copiste aux apparences du réel, Kum Young Suk fait monter, métabolisées, transformées, les formes du monde objectif et les forces élémentales du vent, de la foudre, du feu, de la vague. Hommage à la Création, l’art de Kum Young Suk n’en imite donc pas les apparences, mais exprime, comme en écho, une même force d’essor, génésiaque, figeant le chaos en ordre, le bouillonnement en quiétude. En cela, son art illustre l’intuition poétique d’Élisée Reclus, pour qui « l’homme est la nature prenant conscience d’elle même ». » Mikaël FAUJOUR