Peintre emblématique des scènes artistiques française et italienne des années 1950 à 1990, Leonardo Cremonini (1925-2010) connut la gloire de son vivant. Admiré par ses pairs tels que Francis Bacon et par les plus grands écrivainsécrivains, son œuvre est représentée dans de nombreuses collections publiques (Musée national d’art moderne, Musée d’art moderne de la Ville de Paris, MoMa, Galerie d’art moderne de Milan…) et privées. Lié aux artistes de la Figuration Narrative dont son style se départit pourtant, il a été élève de Giorgio Morandi à Bologne, avant de s’installer à Venise, où il est remarqué par Peggy Gugenheim. Dans les années 1950, alors qu’il s’installe à Paris, il travaille dans une veine expressionniste suscitant l’intérêt (ses premières expositions à New York ont lieu à cette époque) mais qui évolue dans les années 1960 vers une peinture plus construite, intellectuelle mais décalée, au goût métaphysique et aux couleurs puissantes.

À l’occasion du centenaire de la naissance de Leonardo Cremonini (1925-2010), les musées de Versailles consacrent une rétrospective exceptionnelle à ce grand peintre francophile italien. Elle réunit ses principaux chefs-d’œuvre venus du monde entier, et constitue sa plus grande exposition jamais organisée en France, avec un ensemble de 130 œuvres réparties entre deux musées, l’Espace Richaud et le musée Lambinet.

Commissariat assuré par Tancrède Hertzog, Lydia Harambourg et Pietro Cremonini, le fils aimé de l’artiste. Grand catalogue de 420 pages ! La liste des écrits consacrés à l’artiste est exceptionnelle, de Michel Butor à Pierre Gaudibert, de Marc Le Bot à Régis Debray, d’Umberto Eco à Alberto Moravia, ou encore de Jean-Luc Chalumeau à Jean-Philippe Domecq… En 1966, Louis Althusser publie sur lui le premier et seul texte qu’il donnera sur l’art…

La dense lumière méditerranéenne marque à vie sa peinture. Aveuglante clarté, dure et solaire, sur les transgressions latentes qui accidentent chacune de ses œuvres, à la façon d’un théâtre éclairant somptueusement de possibles scènes subtilement subversives.

Cremonini ne craint pas la tache qui accidente l’étendue – des corps d’adultes s’abandonnent à l’absence des rêves, tandis que des chiens monstrueux et vaguement humanisés, disent la bestialité latente d’une humanité fabriquée.
Jusqu’au 4 octobre 2026
Musée Lambinet – Versailles
Espace Richaud – Versailles