< retour aux Articles
On en parle

Jephan de Villiers

Christian Noorbergen, le 12 juin 2026

« L’autre terre »

Jephan de Villiers rêve à vie haute. Il fouille à mains nues les sous-bois désertés du monde, et creuse à vif un art d’humaine présence. L’horizon existe qu’à ses pieds. Par les feuilles, les racines, les glands et les écorces, il invente un prodigieux alphabet d’humanité, et dans sa marche féérique toujours inventive, la terre n’est plus qu’un vaste sanctuaire d’intimité. L’homme, en lui, peut vivre plus loin. Il rejoint ses profondeurs, et l’âme du monde. Loin des fatigues de la modernité.

Anges de mer et Veilleurs du bord du monde A

Sous les veines des arbres au passé d’outre mémoire, par la paume éclatée de nos écorces, Jephan de Villiers façonne des rêves inouïs de vivante matière. Avec des outils de lune, et des mains d’archaïque nature. Ses talismans sont habités d’appel et de pouvoir, où l’œil ose épouser ces évidences vitales, pour avoir l’âge de la terre. Il retrouve la magique puissance des arts d’origine, qui lui servent d’assise, et de grand véhicule. Les arts premiers, ses voix d’ancêtres et d’arrière-langage, agissent en lui comme une formidable chirurgie d’âme.

Anges de mer et Veilleurs du bord du monde C

Extraordinaire présence de ces minuscules personnages sidérés et sidérants. Ces pèlerins-là sont d’effarants immobiles, fixés dans la plus secrète des obsessions de vie profonde, intemporelle et comme ritualisée.

Fragment de mémoire

Fabuleux animiste contemporain, Jephan de Villiers est sorti de l’antre. Les subtiles silhouettes de son bestiaire totémique exorcisent à vif l’énigme d’exister, et sa création embrasse du dedans les confins de l’imaginaire.

Jusqu’au 5 juillet 2026
Galerie Retour de Voyage – L’Isle-sur-la-Sorgue (84)

En Une : Figures ailées méditant sur la métamorphose du ciel – 2023