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On en parle

L’Art au Château de Rivau

Chantal Vérin, le 11 juin 2026

« Métamorphoses »

Situé au cœur de la campagne tourangelle, le Château de Rivau est l’un des plus anciens des grands châteaux de la Loire. Classé au titre des Monuments historiques, avec donjon et pont-levis, ce château-fort moyenâgeux, auquel est accolé le logis seigneurial Renaissance, a été entièrement restauré par Patricia et Éric Laigneau, amoureux des vieilles pierres, dans l’idée de créer, non seulement leur lieu de vie familiale, mais aussi un site patrimonial vivant, ouvert au public, alliant l’histoire, l’art des jardins et l’art contemporain. Pleine réussite !

Agnes Thurnauer – Créolisation interne 1 – 2021

Dans cette région “surdotée“ en châteaux prestigieux, le Domaine de Rivau se distingue par son originalité marquée par la personnalité de Patricia et l’imaginaire de ses choix artistiques.

On pourrait parler d’une œuvre globale, par l’omniprésence de l’art, dedans et dehors, et ce, dès la cour des communs, occupée aujourd’hui par le fameux Potager de Gargantua, clin d’œil rabelaisien, d’où émerge laTaupe géante créée par Ghyslain Bertholon. S’ajoutent les jardins « naturalistiques » labellisés « Jardins remarquables », riches d’une extraordinaire floraison en toute saison. Dans un véritable musée en plein air, les figures sorties des contes merveilleux de l’enfance rencontrent un ensemble d’œuvres oniriques. D’Old woman’ shoe de l’américaine Amy O’ Neill, de La forêt qui court de Basserode à la Cabane de Julien des Monstiers, ou encore à Xenomorph, lagrenouille créée à partir de déchets trouvés dans la Loire, les œuvres appellent au respect de la Nature.

Della Robbia – ©ChateauduRivau

Dans les différentes salles du château, revues en cabinets de curiosités, parmi les meubles et les collections privées, l’exposition temporaire d’art contemporain « Métamorphoses » fait revivre l’histoire de l’art du passé à travers le regard créatif et décalé des artistes d’aujourd’hui. Dans la salle des Portraits, sous l’œil des membres de la famille Beauvau, maîtres des lieux au XVème siècle, portraiturés par Hyacinthe Rigaud, Volker Hermes détourne en œuvre textile le portrait de François Ier de Clouet, et Arnulf Rainer ose recouvrir de peinture celui de Rembrandt.

Volker Hermes – Hidden François – Tapestry – ©Photo-L.-de-Serres-

Dans la salle des Trophées, la passion pour la chasse des princes d’autrefois inspire quelques trophées contemporains grinçants, de Julien Salaud à Jeff Koons, et ravive toute une imagerie proche du bestiaire médiéval avec les licornes de Marie Cécile Thijs. Au mur de la salle du Festin les œuvres de Gilles Barbier, Fabien Verschaere et Laurent Grasso se mesurent à un Saint-Martin flamand du XVIème siècle. Honneur aux dames dans la salle dédiée. Sous un superbe médaillon en céramique de l’artiste florentin Giovanni Della Robbia, les artistes Orlan et Agnès Thurnauer interrogent les grandes figures féminines de l’Histoire de l’Art. L’art du verre est sublimé par les verreries de Richard Fauguet posées sur la grande table surplombée par l’aérienne sculpture opaline de Kim Kotatamalune.

Karen Knorr – King’s Audience – ©Karen Knorr

Jeanne d’Arc, qui aurait abreuvé ses chevaux de combat au Rivau, est bien présente, réinterprétée à travers l’évolution des mentalités, entre dévotion pour l’icône et kitsch. Avant de quitter les lieux, on peut revivre son épopée dans l’installation immersive projetée sur les murs voûtés des Écuries royales.

Jusqu’au 1er novembre 2026
Château du Rivau – Lémeré (37)

En Une : Charles Freger – L’épopée de Jeanne d’arc – 2016 – ©CharlesFreger