« Monochromies »
Après l’exposition « Nuée ardente » de 2022, Dan Barichasse revient à la Galerie Faidherbe, fondée en 2019 par Isabelle et Pierre Darras, avec « Monochromies » superbe ensemble d’œuvres récentes. La monochromie de l’artiste est aux antipodes des attendus du genre, tant la pluralité des valeurs d’une couleur, en l’occurrence le rouge et le vert-bleu, est chez lui incroyablement fouillée. D’autant qu’une impressionnante pléiade de signes graphiques s’ajoute à la fascinante effervescence de chaque peinture.
« Que donne à voir ce foisonnement maîtrisé ? Des réminiscences telluriques et cosmiques, le minéral, le végétal, l’humain et l’animal, la voûte céleste comme les profondeurs abyssales. » écrit Pierre Darras, très judicieusement. On dirait que Dan Barichasse saisit la vie dans ses plus lointaines origines, et dans le chaos porteur des premières cellules ou des premières traces des énergies de l’univers. Son art tellurique art est de poser d’emblée une archaïque cellule d’immensité, art métamorphique où microcosme et macrocosme ne feraient qu’un, dans une étreinte fusionnelle et continuelle.
« Tout est dans le surgissement, la révélation. J’ai un rapport conflictuel avec la figuration. Je ne veux pas fétichiser les formes émergentes. Je respecte et je laisse vivre les interdits. J’ai une allergie pour la peinture démonstrative. Je préfère le mystère et les affleurements. » précise l’artiste. Entre l’explosive goutte initiale et la vivante poussière des temps se joue à jamais le fin territoire d’art de Dan Barichasse. Chez lui, « la matière est d’emblée processus, engendrement. »
Érotique souterraine en action, en inarrêtable expansion, comme un flux vital naviguant dans l’infini des naissances possibles. L’artiste célèbre les noces secrètes de l’univers, de l’art et de la vie, mêlées au-dedans de la plus intime des créations. Peintre-musicien d’un espace-temps intérieur qu’il dévoile jusque dans ses plus subtiles fluctuations, Dan Barichasse peint la mouvance secrète, constante et poreuse de l’être, sans que le commencement et la fin ne soient précisément fixés. Sa matière est fine et maigre, à la fois tendue et retenue. L’élément liquide prédomine, s’offrant le dehors et le dedans, la voûte cosmique et la fragilité vécue de la chair.
Jusqu’au 4 juillet 2026
Galerie Faidherbe – Paris 11ème
En Une : Monochromies 4 – 89×65 cm