Zlatko Glamotchak crucifie l’étendue. Il découpe les portes interdites qui donnent accès aux créatures hantées, lesquelles exorcisent à jamais les non-dits de l’âme, et sécrètent à vif nos impensables figures d’angoisse.

L’horreur et le sublime chez lui se côtoient, et s’étreignent au grand jour… Réaliste des profondeurs, Zlatko Glamotchak n’écarte pas ses obsessions, il les affronte durement, et les secrètes blessures du corps, excentrées et sans appui, ont enfin accès à l’existence. Il désosse à la hache mentale les murs d’apparence qui occultent le primitif. Il sculpte sans fard les élans saccagés des racines de la vie, comme s’il arrachait la peau des êtres. Il met à nu les affres de la nudité.

Un air de désastre s’installe autour de ses œuvres, tandis que s’imposent ces terrifiantes apparences sculptées ou dessinées, et leur terrible chair à rebours laboure nos apparences. Sorties du souterrain, ses formes cruelles font disparaître tous nos repères sécuritaires.

Zlatko Glamotchak, âpre artiste des confins, exorcise les cicatrices du dedans. Il met en charpie nos certitudes. Ses œuvres sont les figures implacables d’un abîme toujours proche, et d’un réel en perdition.
Il dessine à la même hauteur vive que ses sculptures. Dessins des abîmes du dessin, bouleversés et bouleversants. Sculptures des extrêmes de la sculpture, concentrationnaires et affolées. Et son art crucial sauve l’humanité de nos bassesses.
Jusqu’au 23 mai 2026 – Galerie Ories – Lyon (69)
En Une : Zlatko Glamotchak