Stéphanie BODIN
Bio
Le fil rouge de Stéphanie Bodin…
La pratique de Stéphanie est née de la rencontre entre la laine cardée, envisagée comme matière picturale et sculpturale, et sa fascination pour les artefacts et les images élaborés par les sociétés anciennes – leur persistance à travers le temps, leur transformation.
La laine cardée est au cœur de son travail, en tant que matière ancestrale, à la fois « civilisée » et « sauvage », modeste et noble. Par l’alchimie du feutrage, elle devient un médium fétiche porteur d’une forte charge symbolique liée à la protection, la conservation et la transformation (Joseph Beuys). Elle incarne également une relation ambivalente entre l’humain et l’animal, marquée par la domestication et l’exploitation. Dans le contexte actuel où elle est souvent reléguée comme déchet (la plupart des éleveurs ne savent pas quoi faire de cette matière après la tonte des moutons), son usage devient un geste de réactivation et de réhabilitation.
Par le patient travail de l’aiguille, le geste du foulage à l’eau, elle façonne la laine en explorant sa capacité à être modelée, sculptée. La superposition des matières, l’ajout éventuel de broderies et de perles inscrivent le travail dans une temporalité lente, créant un espace d’introspection.
Ainsi, ses pièces – vénus, cartes, masques, artefacts – cherchent moins à représenter qu’à susciter une sensation, une réminiscence sacrée, un souvenir ancestral, une tension entre visible et invisible. Chaque pièce dialogue avec les autres au sein d’un ensemble évoquant un musée fantasmé, sans repère géographique ni temporel défini, à la lisière de l’archive et de la fiction.
À travers ce travail, elle souhaite réactiver un imaginaire enfoui, rouvrir des possibles entre mémoire et projection, et faire émerger cette pensée : les choses peuvent être autrement.
En quelques mots, son premier choc artistique…
Pas de « choc » mais une lente imprégnation depuis l’enfance dans la campagne lorraine : Stéphanie a observé très tôt les figures grotesques sculptées dans la pierre des églises et le bois des meubles anciens. Les pérégrinations dans la forêt vosgienne, les contes et légendes populaires ont pétri son imaginaire d’impressions animistes et de mythes archaïques. La découverte, à l’adolescence, du musée Gustave Moreau, a été une révélation. Elle s’est ensuite passionnée pour la peinture symboliste du 19 ème siècle (O.Redon, F.Knopf, Burne-Jones…).
Le portrait chinois de Stéphanie Bodin
Si vous étiez une oeuvre, vous seriez : Un masque inuit.
Si vous étiez une couleur, vous seriez : Le jaune.
Si vous étiez un pays, vous seriez : La France il y a 6000 ans.
Si vous étiez un livre, vous seriez : Walden de Thoreau.
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