Les vastes paysages dedans-dehors de Johan Van Mullem désertent les apparences. Ils ne heurtent pas l’immensité, ils la traversent. Ils incantent à vif les chairs de l’univers, et sa peinture tressaille. Toujours surgissante, sa matière est nue. Il œuvre au scalpel mental, il ose défigurer le monde, et se moquer des surfaces fatiguées de la modernité.
Les grandes têtes qu’il invente sont des faces d’abîme, des gueules telluriques, et des somptuosités chromatiques. Ses visages d’explosion arrêtée viennent des confins de l’humanité. En pure dé-monstration d’absolue création. Dans ces faces surgies des terres primordiales et du feu qui ravage, il y a de l’eau, de l’air, des vents qui secouent, et des éléments archaïques qui font la trame érectile de l’univers. « Mes visages passent par plusieurs visages différents avant d’apparaître. » J.V.M
Johan Van Mullem respire la peinture. Il ne craint pas la tache qui accidente les surfaces, et laisse surgir, à grands coups de gestes libres, les hauts-fonds de ses couleurs. La fièvre des profondeurs est son vrai territoire d’art, tant il incarne la haute peinture de notre temps, dans une rare sobriété, dans un dénuement spatial éblouissant, et dans une saisissante âpreté d’impact. Dans une somptueuse incandescence.
Johan Van Mullem artiste aux yeux ouverts, sonde le gouffre amer du labyrinthe humain, dans les interstices des vérités abandonnées… Il navigue dans le no man’s land du hors-sens, il réagit par d’intenses charges pré-verbales, où l’essentiel se terre et se tait… Il éveille… « La création artistique donne un sens à soi-même et à la vie. » J.V.M.
Jusqu’au 30 avril 2026
Loo & Lou Gallery – Paris 3ème
En Une : Sans titre – 2026 – Huile sur carton entoile – 18×13 cm