Etienne JACOBÉE
Bio
Le fil rouge d’Etienne Jacobée…
J’ai toujours envisagé la sculpture comme un apprivoisement des matériaux et considéré ceux-ci comme source d’énergie, fuyant discours et rhétorique. Je crois à la réalité physique de la sculpture, au sens du toucher et au développement de la pensée par le contact, c’est-à-dire par la sensualité de la matière. J’avance sur deux pistes principales à la fois : celle de la ligne dans l’espace qui me permet de dessiner en trois dimensions avec une grande liberté et de désintégrer la masse, et celle des blocs massifs ou creux qui s’apparentent plutôt à la statuaire, les deux se complètent.
Ainsi, plusieurs dynamiques se distinguent dans mon travail, à travers trois formes récurrentes, les Huttes, les Lignes et les Blocs, qui oscillent entre stabilité asymétrique et liberté dans l’espace. C’est à partir de 2003 que les Huttes aux lignes segmentées vont laisser la place à des Blocs et des écheveaux de lignes. Issus de la famille des Blocs, les Calvaires vont faire leur apparition à partir de 2015. La ronde-bosse des Blocs et des Calvaires répond au dessin des Lignes où le regard traverse le volume.
Il est question de cheminement entre les sculptures. Avec le temps, les Huttes se sont transformées en Calvaires, sortes de stalagmites où les masses viennent comme des sédiments qui font croître l’édifice. Sculptures de corps fossilisés, végétaux, minéraux sont devenus un paysage d’éléments en résonance les uns avec les autres, comme ces roches du Sahara où le vent chargé de sable réveille par la corrasion les formes qui sommeillaient depuis des millénaires dans l’épaisseur de la matière.
Cette sculpture se méfie du « métier », elle se désorganise pour trouver d’autre formes d’équilibre.
En quelques mots, son premier choc artistique…
La découverte de la sculpture de Serge Marchal au début des années 1980 et sa rencontre à Nîmes vont être déterminantes dans le parcours d’Etienne et vont inscrire la sculpture comme préoccupation première. Puis celle du travail du sculpteur Dominique Labauvie en 1989, qui va tenir une place importante dans sa façon d’aborder l’espace avec la ligne.
Le portrait chinois d’Etienne Jacobée
Si vous étiez une oeuvre, vous seriez : « Le chêne de roche », Théodore Rousseau, 1860.
Si vous étiez une couleur, vous seriez : Ocre rouge.
Si vous étiez un livre, vous seriez : « Marie-Claire » suivi de « L’atelier de Marie-Claire » de Marguerite Audoux.
En permanence
- Galerie de l’Est – Compiègne (60)
- Sculptures installées dans l’espace public – Collections des villes de Chantilly et Creil
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« Témoins de l’Âge du fer, les squelettiques Huttes, Silhouettes, Fuseaux et autres Fruits défendus d’Étienne Jacobée s’opposent à de lourds Blocs en acier, terre et lichen, qui, tels des menhirs en équilibre, semblent dater de l’Âge de pierre. »
Emmanuel Daydé, in « Étienne Jacobée au Potager des Princes », 2017