Il est des quartiers où l’art ne se contente pas d’être exposé, il palpite. En ce début d’année, nos pas nous ont menés sur le plateau de la Croix-Rousse, à Lyon, pour une double escale à la Galerie Françoise Besson. Cette balade entre artisanat d’art et élévation spirituelle commence rue de Vauzelles, où La Petite Galerie accueille un véritable « mycélium artistique » : l’Atelier Chalopin.

C’est une explosion de couleurs qui nous saute aux yeux dès l’entrée, car pour fêter bientôt dix ans d’activité, ce collectif lyonnais a ouvert tous ses tiroirs et ses cartons à dessins. L’originalité est ici le maître-mot : chaque artiste invité apporte sa voix singulière, mais c’est la technique de la sérigraphie qui harmonise l’ensemble dans une constellation vibrante. On déambule parmi une multitude d’œuvres, une par artiste, créant une richesse créatrice foisonnante où les papiers s’entassent et les couleurs se superposent. Ce qui nous a particulièrement touchés, c’est cette accessibilité revendiquée ; la sérigraphie est le moyen idéal de débuter une collection ou de s’offrir un morceau de cette énergie collective à tout petit prix, faisant de l’artisanat d’art un plaisir partageable par tous.

Puis, quelques rues plus loin, on rejoint la maison-galerie de la rue de Crimée, et l’atmosphère change imperceptiblement. Ici, l’exposition « Zénith » nous invite à lever les yeux vers ce point inatteignable, cette apogée de l’esprit que seule une fleur comme le crocus zénith peut regarder bien en face. Sous le commissariat de Clément Montolio, onze artistes explorent cette verticalité synonyme d’énergie et d’échange vital.

On passe de la vibration lumineuse des acryliques de Laure Cambie, aux paysages intimes et charnels d’un petit paradis espagnol peints par Numa Droz. On se perd volontiers dans les structures denses de Xiaojun Song ou dans la lumière laiteuse et transparente de Claire Borde, dont les œuvres semblent respirer le vivant. Les fleurs de Clément Montolio conservent tout leur mystère tandis que les forêts de Geneviève Garcia-Gallo s’élancent vers un ciel d’azur. On se perd dans la brillance de la matière chez Marie-Agnès Gachet-Mauroz… ou les collines de Daniel Prieur… L’exposition fonctionne comme une respiration nécessaire, un portrait moral où le désir d’élévation l’emporte sur tout le reste.

On ressort de cette double étape avec le sentiment rare d’avoir touché du doigt l’excellence humaine, entre le fourmillement technique de l’Atelier Chalopin et la quête de silence absolu du Zénith. Une escapade qui rappelle que l’art, sur les hauteurs lyonnaises, sait toujours nous emmener un peu plus près du ciel.
L’atelier Chalopin jusqu’au 28 février 2026 – Zenith jusqu’au 8 mars 2026 –
Galerie Françoise Besson – Lyon 4ème
En Une : Françoise Besson – ©Aralya