Du 5 au 8 février se déroule la 23ème édition de la Foire d’art de Karlsruhe. 180 galeries provenant de 18 pays, dont une vingtaine de nouvelles galeries allemandes, mais aussi des galeries françaises, autrichiennes, italiennes, et même chinoises et coréennes, invitent à un voyage à travers 120 ans d’histoire de l’art. Comme le soulignent les dirigeants, l’historienne de l’art Olga Blass et le galeriste Kristian Jarmuschek, l’ouverture vers des galeries venant de toute l’Allemagne et la participation de nombreuses galeries étrangères imposent Art Karlsruhe bien au-delà des limites régionales du Bade-Wurtemberg. 30% des galeries exposantes viennent de pays voisins ou lointains. Huit galeries françaises sont présentes, dont la galerie GNG avec les œuvres de Giuseppe Zoppi, Nurcan Giz, Francis Kern.

La galerie parisienne Eric Mouchet fait découvrir l’artiste afghane Kubra Khademi, et met en valeur les œuvres issues de la succession d’Ella Bergmann-Michel et de son mari Robert Michel, tous deux comptant parmi les artistes les plus importantes de l’avant-garde allemande du XXème siècle. La galerie JAF de Bordeaux montre quelques belles toiles abstraites de Jean Miotte.
D’autres galeries viennent d’Espagne, d’Autriche, des Pays-Bas, de Grande-Bretagne et de Pologne. La Chase Young Gallery de Boston est représentée pour la première fois en Allemagne, la Maryam Fasihi Harandi Gallery de Téhéran fait aussi des débuts remarqués avec des artistes-femmes. La Chine et la Corée sont également bien là.

Depuis ses débuts, la sculpture est un élément marquant d’Art Karlsruhe, montrée dans des emplacements dédiés et dans les allées de déambulation. Tous les matériaux sont convoqués, la pierre avec Martin Hollebeck, l’acier avec Robert Schad, le textile avec les suspensions aériennes de Katharina Schnitzler, le bois avec les personnages grandeur nature de Josek Nowak, le fil de fer pour les silhouettes de Tamara Kvesitadze.
Si la Foire de Karlsruhe est un immense marché de l’art, un intérêt particulier est porté vers un public plus modeste, ou plus jeune, tenté par un « premier achat ». Academy-square présente les travaux de récents diplômés des Écoles d’art, un prix est décerné, et l’œuvre primée est achetée par la banque du Bade-Wurtemberg. Le large éventail thématique et formel, souvent éloigné des conventions du marché de l’art, surprend, mais le bon niveau d’ensemble est prometteur. En contrepoint, re:frame propose de précieux conseils pour la gestion des successions. Ainsi se crée un lien entre les générations, illustré par les sensibles photographies de fleurs éphémères de l’américaine Vera Mercer.

Art Karlsruhe, c’est d’abord une très riche déambulation ! Elle commence dans les halls 1 et 2 avec l’art moderne et contemporain porté par les grands noms de l’art, des expressionnistes allemands aux grands contemporains, de Gerhardt Richter à Penck, et les artistes d’aujourd’hui représentés par les galeries. Pour terminer le parcours, le visiteur, dans les halls 3 et 4, peut trouver dans le paper:square entièrement consacré au médium papier toute sorte d’œuvres de qualité, et se pencher dans Digital Traces sur la question de l’influence grandissante des technologies numériques et de l’I.A.
Jusqu’au 8 février 2026
En Une : Katharina Schnitzler ©Carlotta Roob