Isabelle BONAMEAU LEMORDAN
Bio
Le fil rouge d’Isabelle Bonameau Lemordan…
Mon histoire personnelle et familiale est assez mouvementée, ce fut tôt une nécessité pour moi de m’exprimer, d’abord par l’écriture et le dessin puis, plus tard, par la musique, les livres, la photo, la peinture, la photo-peinture et la broderie. Peu importe le médium que je choisis, j’utilise la création comme médiateur avec l’inconscient, je crée, ensuite, j’écoute, puis je raconte. Je tente d’aller toujours plus loin au fond de moi. Pour cela il me faut constamment expérimenter et accepter de perdre mes repères. Dans tous les domaines, dans toutes les directions. J’utilise des techniques qui me permettent de lâcher-prise, de contrôler le moins possible le résultat. L’encre est formidable pour cela, l’écriture et le dessin automatique aussi. Ma pratique est totalement instinctive. Je pense que je suis très proche de la façon de fonctionner des enfants, en tout cas c’est ce que j’essaie de faire, c’est d’ailleurs aussi pour cela que j’écris des livres pour eux, ce sont des livres que j’écris avec l’enfant que j’ai été et qui avait déclaré à 5 ans : « Plus tard, je ferai des livres. »
« […] Un pied dans la réalité, un pied dans la fiction, je raconte à ma façon et je redessine les contours de mon histoire et de celle de ma famille. J’ai commencé le travail de broderie Le fil d’Ariane fin 2023. Les images que je brode sont des tirages sur papier d’art de peintures et de photos-peintures. Au verso, l’envers du décors, je raconte une histoire à l’aide de quelques points, quelques mots, parfois un poème, comme un acte curateur, comme un secret déposé. »
En quelques mots, son premier choc artistique…
Le jour où Paule Theunissen, sa grande-tante artiste peintre, a peint devant elle. Isabelle avait 7 ans, elle se rappelle du calme qui régnait dans son atelier, de tous ses pinceaux la tête en l’air sur l’appui de fenêtre, de l’odeur de la térébenthine, des ombres des arbres qui ondoyaient doucement sur les murs, de la neige dans le jardin et de sa concentration, c’était terriblement apaisant.
Mais aussi le jour d’anniversaire de ses 7 ans, quand son père l’a emmené en voiture pour lui présenter Cockerill Sambre, l’usine où il allait travailler dans la région liégeoise. Ils ont roulé longtemps dans la nuit et sont arrivés sur une petite route coincée entre d’un côté la Meuse et de l’autre les rails et l’usine. Il y avait d’immenses tubes partout et même au-dessus de leurs têtes. Des convois transportaient l’acier en fusion et les rouges-orangés vifs explosaient dans le ciel noir sue. C’était merveilleux…
Le portrait chinois d’Isabelle Bonameau Lemordan
Si vous étiez une oeuvre, vous seriez : Vragende Kinderen (Enfants quémandant) de Karel Appel ou une Nana de Nikki de Saint Phalle.
Si vous étiez une couleur, vous seriez : Un rouge orangé.
Si vous étiez un pays, vous seriez : Un pays enneigé, quelqu’il soit.
Si vous étiez un livre ou une musique, vous seriez : Kafka sur le rivage de Murakami, les six Danses populaires roumaines de Bela Bartok ou La femme 100 têtes de Max Ernst.
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« Les titres, les légendes des oeuvres, des séries, sont comme des portes ouvertes aux histoires, de petits cailloux semés sur le chemin. J’aime l’idée qu’on puisse s’y promener, y déambuler en y glissant ses propres rêves. »














