TANIA GAWRONITZ

TANIA GAWRONITZ

GALERIE JEAN FERRAT

Du 8 mars au 7 avril 2019

LONGLAVILLE (54)

 

 

TANIA GAWRONITZ

« J’entretiens avec les objets de récupération, les documents oubliés et le rebut du quotidien une familiarité fraternelle, une complicité réciproque. Ils m’offrent leur histoire, m’en suggèrent d’autres, et m’autorisent à les raconter. Je les collecte, les conserve, les fragmente et les transforme parfois, puis les assemble dans des boîtes ou sur des panneaux en volume en cherchant à reconstruire des pans de sens autour de l’impression visuelle et de l’évocation poétique qu’ils suggèrent en moi. Je construis ainsi une réalité alternative qui répond aux réflexions que je mène. Je travaille avec pour axes de création l’histoire et les histoires, actuelles ou lointaines, anecdotiques ou générales, la mémoire, les mémoires, et l’imaginaire intime ou collectif … Au même titre que les objets qui peuplent mes compositions, j’utilise les éléments de langage comme jalons visuels afin de créer du sens ou des évocations. Tout m’intéresse, tout me plaît dans le mot : ce qu’il véhicule en tant que porteur de sens et vecteur de communication, son pouvoir poétique, l’esthétique des caractères typographiés ou calligraphiés, mais aussi la portée symbolique et spirituelle de ses lettres. "Lorsque je suis devant un morceau de bois, il y a une hypnose. Si je lui obéis, il en sort quelque chose ; sinon c'est la guerre". Karl Genzel (1871-1925) Parce que pour moi, le récit est une superposition de plans révélés au spectateur, les trois dimensions me permettent de modeler, d’un élément à l’autre, des chemins multiples et des passages secrets grand ouverts à l’exploration. J’utilise comme support privilégié la boîte sans couvercle, elle incarne ma représentation de la conscience humaine : cloisonnée par ses limites, ses repères et ses références, mais à la fois, par la fenêtre de sa face dénudée, ouverte, béante sur une infinité de mondes et d’idées. Je baptise mes boîtes « boxes » une fois le travail artistique accompli, afin de leur donner une existence propre qui les soustrait à leur usage ordinaire. J’invite mon spectateur à écouter l’écho que ce qu’il regarde porte en lui, et qu’il s’accroche du regard à l’objet comme à un jalon sur sa propre piste. » Tania Gawronitz