SONIA ANICETO

SONIA ANICETO

MELTING’ART GALLERY

Du 18 janvier au 24 février 2018

LILLE (59)

 

 

SONIA ANICETO

« La démarche artistique de Sonia Aniceto se situe au coeur du croisement entre peinture et art textile.

Le fil intervient tel un acte d’équilibrage entre ces deux langages. Il est l’arbitre de la rencontre entre matière peinte et matière textile. Il est l’élément qui fait le lien entre les différentes couches narratives.

Les couleurs sont des étoffes et les dessins, des fils. Des fils comme des toiles d’araignée qui semblent plonger directement dans l’oeil du spectateur.

Son travail crée une illusion tactile, il entraîne le spectateur vers une expérience sensuelle : le désir de rapprochement physique avec l’oeuvre.

Les grondements de la machine à coudre sont encore perceptibles sur les visages peints et le corps fragmentaires. Les couches de tissus, translucides comme des peaux, forment un patchwork qui complète la toile et dépeint une histoire aux nombreuses strates et facettes, rapiècement de souvenirs et de désirs, tout en en dissimulant les enjeux par ce palimpseste de matières textiles et picturales.

Les recoins de “l’atelier”, les piscines vides, lieux abstraits parfois improbables, parfois fidèlement esquissés, nous racontent des histoires décontextualisées.

A nous voyageurs, l’oeuvre raconte des histoires secrètes où jeu et tension sont omniprésents. Le “doudou” devient le trophée d’un combat antérieur, initiale. Les mains, à la fois tendres et joueuses mais aussi menaçantes et manipulatrices, évoquent le fil du marionnettiste. Elles filent des brins du destin, entrelacs qui forment un miroir tendu vers nous.

Les personnages, habitants inaccessibles du paradis perdu de l’enfance, semblent nous défier. Ces regards nous interrogent, semblent vouloir nous absorber, nous forcer à prendre position. Qui sommes-nous en définitive : distraits chalands ou témoins intrusifs d’une scène primitive ?

Le temps, son pouvoir d’usure se manifestent comme un rêve, une nuit sombre. Mais toute nuit se finit au jour, et le temps devient aussi suture. »

Corlenia Regelsberger ( extrait d’un texte traduit de l’allemand)