S. LABEGORRE - R. JUSIONYTE

S. LABEGORRE - R. JUSIONYTE

GALERIE DANIELLE BOURDETTE GORZKOWSKI

Du 2 mars au 7 avril 2019

HONFLEUR (14)

 

 

S. LABEGORRE - R. JUSIONYTE

Danielle Bourdette-Gorzkowski réunit deux artistes aux œuvres puissantes et empreintes d’humanité. La part secrète de l’être réunit les peintures de Serge Labégorre, ainsi que les sculptures et les dessins de Ruta Jusionyte.

Serge Labégorre est considéré comme l’un des plus grands expressionnistes français vivants. Né près de Bordeaux en 1932, atteint d’une grave maladie à l’adolescence qui le plonge dans la peinture, celui qui a exposé partout dans le monde tient aussi ses racines du Béarn et du Pays Basque. Dans les œuvres de Serge Labégorre, la force du dessin retient d’emblée l’attention. Le trait est sûr, sans ambiguïté, le regard est vif, pénétrant, déterminé et le fond noir qui l’entoure, loin de l’engloutir, relève encore davantage sa détermination. Il n’y a pas de désespoir dans l’œuvre de Serge Labégorre, seulement la force de vaincre et de rendre à l’être humain toute sa noblesse. Cette exposition propose également d’explorer des paysages trop peu souvent mis en avant chez ce peintre éminent de la figure, des visages et du regard. Le traitement du paysage est tout sauf anecdotique, tant sa représentation de la nature et des lieux de vie est toujours marquée par la même puissance de traits et de couleurs. L’occasion de découvrir une facette inhabituelle de ce talentueux artiste.  Arts Magazine International n°22 Nouvelle Série – Janvier-Février 2019

Qui sont ces personnages charismatiques mi-homme, mi-animal ? Qui sont ces frêles silhouettes humaines au visage sans âge ? En couples ou solitaires, les êtres de Ruta Jusionyte semblent sortir des affres de la mythologie grecque ou d’une fable nordique. Tous appartiennent à une même tribu échappée des pages d’un récit qui auraient traversé le temps. Lorsque Ruta Jusionyte entreprend la naissance d’une nouvelle pièce sculpturale, elle commence toujours par pétrir la matière, sans aucune esquisse préparatoire, et lui donne la forme de pieds. Vient ensuite le modelage des jambes, des hanches, du buste, des bras, du cou et enfin de la tête, parfois animale, parfois humaine. Du bas vers le haut, de la terre au ciel, l’artiste accouche progressivement de ses mains d’un corps élancé, avant de conclure par le travail des yeux – touche finale à toute création. Ce regard, toujours le même qu’importe le reste, qu’importe le geste, est grand ouvert sur le monde. Il n’est ni médusé, ni pétrifié, mais contemple sereinement un univers imaginaire, peut-être intérieur, comme le suggère la profondeur des iris creusés en cuvette. La bouche fermée renforce cette idée, celle d’une parole qui ne s’extériorise pas pour laisser la pensée triompher. Anne-Laure Peressin Critique d’art