NICOLE PFUND - GILLES BONNIN

NICOLE PFUND - GILLES BONNIN

CRID’ART

Du 24 mai au 30 juin 2018

METZ (57)

 

 

NICOLE PFUND - GILLES BONNIN

Si Nicole Pfund et Gilles Bonnin exposent ensemble ça n'est pas un hasard. Leur rencontre a certainement eu lieu dans la dimension parallèle et onirique de la création artistique, et leurs univers poétiques offrent de bien émouvantes similitudes.
Le travail du sculpteur fait ici parfaitement écho à celui du peintre dans l'utilisation d'une matière brute, rugueuse, minérale, terrestre, paradoxe assumé pour parler de l'immatériel chant du monde, et nous en faire entendre la musique de l'espoir.

 

Nicole Pfund parle à nos yeux d'adultes avec le langage de l'enfance, celui des contes, de la poésie et du rêve. Elle met en scène, de longs personnages élégants aux têtes d'animaux. Nicole a fait de ces êtres hybrides des " animaux musiciens " qui semblent jouer une musique belle et nostalgique. Unique tache noire sur les couleurs douces des toiles, comme lavées par la pluie de l'oubli, le regard étrangement humain des animaux musiciens raconte un rêve d'attente et de solitude , de temps suspendu. Les personnages de Nicole sont les miroirs de nos vies. Ils sont l'image de notre fragilité et de notre richesse, aussi.
Ils jouent en couleurs une petite musique discrète, celle de la vie qui passe.

Les animaux anthropomorphes de Nicole Pfund, longues silhouettes filiformes et faussement dégingandées sont musiciens. Mais à les voir ainsi, installés sur d'étranges assises, dans des espaces aux architectures savamment désolées ou dans des lieux de grandes solitudes, rêveurs et mélancoliques, leurs instruments à leur cotés, on ne peut que se questionner sur l'étrange musique que jouerait cet orchestre enfin réuni.

Car le propos est bien là, par son dessin et le choix précis de sa matière colorée, Nicole Pfund nous donne à voir et à entendre la symphonie de l'humaine destinée. Entre accords discordants et parfaits, entre recherche d'absolus et harmonies improbables, Nicole Pfund nous invite à une évidente empathie pour son personnage "étonné" de sa place dans ce monde, songeur, sur le rôle qu'il a à y jouer.

 

Une mésange niche dans son atelier, une corneille l'accompagne durant 20 ans, et plein d'autres rencontres encore derrière la fenêtre, celle qui ouvre sur le jardin et ses oiseaux. Gilles Bonnin sculpte ce qui le fascine, les oiseaux, il parle à nos yeux d'adultes avec le langage de la poésie et du rêve.
Cette mise en scène d'un bestiaire à plumes stylisé et imaginaire, nous fait découvrir la discrète vie de ceux qui peuvent voler. Chaque oeuvre raconte une histoire, image de fragilité et de surprises, ses zoizos, solitaire ou en groupe, semblent suspendus dans le temps. Avec bienveillance, installés dans leur cabane ou leur bateau, ils partagent leurs chansons avec le spectateur. Assemblage de matériaux, métal, céramique, osier, fil de cuivre, un subtil jeu s'installe entre le plein et le vide, cela devient un équilibre précaire entre force et fragilité. Dans ces sculptures, il se passe quelque chose de poétiquement aérien, Gilles Bonnin semble vouloir abolir le temps et l'espace, pour laisser nos imaginaires divaguer sur le chemin des oiseaux.