MONA HANSON

MONA HANSON

GALERIE ORIES

Du 16 novembre 2017 au 6 janvier 2018

LYON 2ème

 

 

MONA HANSON

Mona Hanson ou le cri éperdu du silence

 

Mona Hanson déroule au long cours une œuvre que les professionnels de la critique reconnaissent, saluent et situent en liaison directe avec l’Histoire de l’art. Ainsi, est-il inutile de faire ou refaire l’inventaire des influences et des techniques que véhicule ce travail. En effet, à la manière des « peintres de ruines » qui se sont exprimés, non sans équivoque, au cours d’une période qui va de la Renaissance et de l’âge baroque jusqu’aux confins du romantisme européen, Mona Hanson répète et recycle, de sa touche contemporaine, l’écho initial du VanitasVanitatum biblique, évoquant avec son style personnel si caractéristique, la fragilité du monde, la ténuité de l’homme dans l’Univers et l’aspect irréversible des choses qui pétrifient vivants et morts dans la spirale du Devenir.

Au-delà, Mona Hanson fait l’éloge de l’ombre (car l’Occident aime trop ce qui brille) et présente une civilisation dont l’équilibre précaire se décline en « ruines improbables » en raison de sa violence intrinsèque. D’où la nudité tragique des petits personnages qui grouillent frénétiquement sur la toile dans l’attente du chaos et la destruction que préfigurent les sociétés établies sur la domination, la puissance et l’exploitation technique de l’homme par l’homme. Mais, dans cette peinture, quelque chose de plus accentue le malaise et l’interrogation : le récit ne se situe plus dans la cohérence habituelle mais dans un « entre deux » du temps qui nous enferme inexorablement entre le non advenu et le déjà réalisé. Comme si l’artiste, en stratège avertie, voulait laisser à une Humanité asservie le choix de sa chute ou de sa rédemption. Xavier Duraffourg