Maurice ROCHER

Maurice ROCHER

GALERIE MARIE VITOUX

Du 15 mai au 15 juin 2014

PARIS 4ème

 

 

Maurice ROCHER

 

Il y aura près de 20 ans (1918-1995) que Maurice Rocher est mort. Avec Rouault et Chaïm Soutine il faisait partie des grands expressionnistes « vivant et travaillant en France ». Depuis, de nombreux artistes contemporains ont pris la suite, des « néo expressionnistes » qui pour quelques uns ont su traduire remarquablement l’humanité souffrante, révoltée et porteuse d’espérance.

Maurice Rocher était un solitaire, son atelier une tour d’ivoire, et à la fin de sa vie, presque aveugle, il continuait à lire les rapports des formes, des couleurs et la lumière avec une acuité surprenante. On se souvient de la rétrospective magnifique à la Sorbonne. Les jeunes découvrent maintenant sa peinture avec un grand intérêt.

Après les bruns et les noirs des premières oeuvres rappelant Permeeke et Rouault, les roses, les violets sombres et surtout les rouges ont envahi les toiles. Il a fait éclater les formes des corps, des visages, des églises. Ces dernières bousculées, anthropomorphes évoquaient plus la femme que l'architecture. Les décorés et les notables et même les scènes n’ont été que la dérision de l’époque et l’ont délivré de sa révolte. Les femmes, ses idoles à la poitrine opulente, glorieuse, sont des « Carmen » carnassières, érotiques, « mangeuses d’hommes ».

« Il faut défaire le visage pour dire le visage ». Les suppliciés « êtres de chair et de sang » atteignent une sorte d’intemporalité « rouge sang séché avec sa connotation espagnole et tauromachique à laquelle je ne puis échapper ». Ils sont ma force, personne n’a peint cela ». Les derniers suppliciés sur fond noir sont presque transparent éclairés comme des vitraux.

Parce qu'il était « un homme blessé du dedans » et un peintre exigeant, il a su donner à ces peintures la force d’un expressionnisme profond et original et à ces suppliciés toute l'intensité de la douleur et de la pitié.

Marie Vitoux