Marcelle LOUBCHANSKY

Marcelle LOUBCHANSKY

GALERIE 53

Du 13 février au 22 mars 2014

PARIS 6ème

 

Marcelle LOUBCHANSKY

 

Il arrive parfois , pour des raisons diverses, que des artistes des plus talentueux ne voient pas leur nom s’inscrire dans l’histoire de l’art. Et ce n’est qu’avec le recul du temps que nous pouvons mesurer la place qui doit leur revenir. Nous pouvons prendre pour exemple les cas de Van Gogh et de Gauguin, choisis parmi d’autres moins célèbres, qui illustrent parfaitement notre propos.

L’oeuvre de Marcelle Loubchansky, pourtant acclamée dans les années 50, tombe malheureusement dans cette catégorie et ce n’est que grâce à la persevérance de quelques acteurs isolés tel que Geneviève Bonnefoi, qui a toujours montré son travail à l’Abbaye de Beaulieu, ou la Galerie Brimaud qui lui a dédié plusieurs expositions depuis 1991 alors que son travail n’avait pas été montré depuis plus de 20 ans, que nous avons aujourd’hui accès à son travail.

Née en 1917 à Paris, d’origine franco-Russe, elle est classée au lendemain de la guerre, sans doute un peu hâtivement, parmi les “nuagistes”. Mais Marcelle Loubchansky est une exploratrice et ne saurait être rangée, archivée sagement dans une catégorie.

L’univers qu’elle prospecte est apparenté certes à celui de l’abstraction lyrique, de par l’amplitude, l’instantanéité du geste qui confère à ses oeuvres une rythmique et une fébrilité touchante. Dans la manière dont elle joue des couleurs, de leur stridence et de leur douceur ; elle les étalent, les jettent, les superposent et ces sillages, ces taches, ces lignes de chute que l’on retrouve dans ses premières oeuvres s’organisent petit à petit, pour créer ces mondes surnaturels perceptibles que par elle.

Et c’est pourquoi nous pourrions également parler de surréalisme pour décrire le travail de Marcelle Loubchansky. Dans la manière qu’elle a de repousser sans cesse les limites de la perception, d’investir des mondes inconnus, intersidéraux, composés de nébuleuses et d’espaces cosmiques non encore inventoriés. D’ailleurs, André Breton et Charles Estienne, n’étaient pas insensibles à son oeuvre et ont tous les deux écrit les préfaces de ses expositions à la Galerie Kléber en 1956 pour le premier et 1960 pour le second..

“Voici la peinture de Marcelle Loubchansky ; et la rencontre, dans le même lieu physique et mental, d’une plastique de l’abstrait pur et d’une combien libre poétique du symbole figuré. Prenons de l’altitude : il s’agit aujourd’hui de peinture, comme ici de musique et là, de poésie” Charles Estienne - 1960 Préface de l’exposition à la Galerie Kléber