JEAN-PAUL PRIVET

JEAN-PAUL PRIVET

GALERIE LA FOLIE DES ARTS

Du 21 septembre au 7 octobre 2018

NANTES (44)

 

 

JEAN-PAUL PRIVET

Installé à Couëron, dans la région nantaise, Jean-Paul Privet est un artiste autodidacte. Il peint au sol, sur différents matériaux : toile, bois, papier, et utilise des techniques variées : crayon, huile, acrylique, pastel.

Dans son travail créatif, il n’y a pas de volonté de représentation, ça vient, «ça me vient». Les images apparaissent, un monde s’exprime au travers de l’artiste, on pourrait dire comme au travers d’un canal, ça vient spontanément.

Jean-Paul Privet a un rapport très particulier à la musique pendant qu’il peint. Il réécoute en boucle une partie d’un morceau qui peut être très varié : classique, contemporain…souvent des musiques répétitives, «rotatives», comme une entrée en transe.

Dans certaines toiles, il y a une interaction entre le haut et le bas, entre le terrestre et le céleste. Les deux plans interagissent. Dans le tableau «un heureux évènement», on voit ainsi cette pluie d’or ensemencer l’obscurité de la terre. L’artiste travaille également sur des séries : les saisons, les douze mois de l’année… l’idée de la succession, de la transformation…

Les couleurs fortes, la lumière puissante et l’ombre habitent ses états intérieurs. Il n’est pas quelqu’un «de tout repos». Dans cet «état d’éveil paradoxal», il commence toujours par le fond où il jette les couleurs de manière aléatoire, puis de ce fond indifférencié, des formes adviennent, se structurent, se construisent, un chemin commence à se dessiner.

Ce processus peut durer un certain temps, avec l’impression désagréable, voire angoissante ou désespérante, de ne pas avancer. Cette étape peut être comparée à une thérapie où le patient peut ressentir de l’angoisse quand tout est encore flou, mélangé, incertain, et que le sens de tout ça ne s’est pas encore précisé. Dans le processus créatif, c’est la même chose. C’est accepter de rester un certain temps dans ce magma informel, avec toute l’angoisse et l’incertitude que cela suppose. C’est rester dans la confiance que quelque chose va advenir, que des formes chargées de sens vont se préciser, non par le travail de l’intelligence «raisonnante», mais par un phénomène analogue à celui du rêve…images au-delà de notre conscient, vastes zones ocres, mauves ou violettes poudrées d’or, tunnels inquiétants où l’on croise des présences murmurantes, fleurs qui s’effeuillent lentement dans l’apesanteur.